Actus#mobilité
Temps de lecture : 02'50''
28 juin 2021
taxi volant Ascendance Flight Technologies
Ascendance Flight Technologies

Ascendance Flight Technologies vise un lancement en 2025 pour son taxi volant

Les projets de taxi volants se multiplient dans le monde. Parmi eux, celui de la startup toulousaine Ascendance Flight Technologies qui mise sur l'hybride pour lancer son alternative à l'hélicoptère d'ici 4 ans.

Il existerait 170 projets dans le monde taxis volants ou avion à décollage et atterrissage vertical (VTOL), selon le cabinet Oliver Wyman. Le marché potentiel est estimé à 35 milliards de dollars rappelle nos confrères de Challenges, et concernerait 60 à 90 villes dans le monde, et surtout les mégapoles congestionnées d’Asie et d’Amérique. Elles sont plusieurs entreprises à rivaliser, dont l’Allemand Volocopter qui vient de lever 239 millions de dollars.

Dans cette intense compétition, on trouve la startup Ascendance Flight Technologies. L’entreprise de 30 personnes fondée en 2018 et installée à Toulouse a récemment intégré à son conseil d’administration l’ancien patron de Safran Jean-Paul Herteman, l’ex-directeur des opérations européennes de Renault Jean-Christophe Kugler et l’ancienne responsable du programme d’avion électrique E-Fan d’Airbus Agnès Plagneux-Bertrand, ainsi que l’ancien directeur de l’ingénierie d’Airbus Robert Lafontan comme conseiller spécial, pour l’aider à développer son aéronef, a affirmé à l’AFP son président Jean-Christophe Lambert.

Elle a fait le choix d’une propulsion hybride VTOL, tablant sur une autonomie accrue par rapport aux nombreux projets de taxis volants électriques en développement dans le monde. L’objectif: certifier d’ici 2025 une « alternative à l’hélicoptère » baptisé Atea. Avec une autonomie de 400 kilomètres, l’Atea vise les marchés des urgences sanitaires, de la surveillance et de la logistique. Cet aéronef de 5 places ambitionne de réduire de 50 à 80% les émissions de CO2, de diviser le bruit par quatre et d’être deux fois moins cher à acquérir et opérer que les hélicoptères, plaide le jeune patron, lui-même issu d’Airbus. L’appareil, dont il existe pour l’instant un prototype à échelle réduite, ressemble à un petit avion, dont chaque aile intègre un rotor.

Alors que les projets de taxis volants électriques foisonnent (les allemands Volocopter et Lilium, l’américain Joby, le brésilien Eve…), « il y a peu de projets dans le monde sur l’hybride » , explique Jean-Christophe Lambert à l’AFP. « Il y a comme un fantasme du tout-électrique né de l’automobile et des batteries mais qui n’est pas directement duplicable à cause de la densité énergétique des batteries » , trop faible. Leur poids limite donc l’autonomie, argumente-t-il. Ascendance a donc fait le choix d’une propulsion hybride: pendant certaines phases de vol, comme le décollage, un moteur électrique fournit de l’énergie supplémentaire au moteur thermique, les batteries se rechargeant pendant le vol de croisière.

S’il y a autant d’intérêt autour du VTOL, « ce n’est pas uniquement parce que ça fait rêver, c’est parce qu’il y a des qualités intrinsèques au projet qui expliquent cette mobilisation mais également la concurrence internationale pour pouvoir être une des zones du monde dans laquelle cette filière se structurera  » , a expliqué en début d’année le directeur général exécutif de Groupe ADP, Edward Arkwright, à l’occasion de la présentation en début d’année d’une filière de mobilité aérienne urbaine avec de premiers essais prévus dès cet été.

« On a une capacité de décoller et d’atterrir en ville, mais on vise des mobilités aériennes plus longues, régionales ou intercités » , ajoute-t-il. Et le système de propulsion hybride que développe la société, baptisé Sterna, « peut être utilisé pour d’autres avions« , explique-t-il. Ascendance Flight Technologies fait partie d’une trentaine d’acteurs sélectionnés en début d’année pour développer une filière de mobilité aérienne urbaine en Ile-de-France. L’enjeu: des démonstrations à l’occasion des Jeux Olympiques en 2024.