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8 juillet 2021
meditect maddypitch

Meditect trace les faux médicaments en Afrique

Créée en 2018, la startup bordelaise développe une application mobile basée sur la technologie Blockchain qui permet d’authentifier les médicaments qui circulent en Afrique subsaharienne.

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Un médicament sur dix est falsifié dans le monde, selon les chiffres de l’OMS (Organisation mondiale de la Santé). Toujours selon cette source, ce trafic rapporterait 20 fois plus que celui d’héroïne et les faux traitements contre le paludisme auraient entrainé, en 2013, la mort de plus de 150 000 enfants de moins de cinq ans. C’est pour répondre à cet enjeu de santé publique qu’Arnaud Pourredon et Romain Renard ont fondé, en 2018, la startup Meditect, une solution de traçabilité et d’authentification des médicaments basée sur la Blockchain.

Authentifier les médicaments

La solution est destinée aux pharmaciens, via l’offre Meditect Pro, et aux patients grâce à une application grand public, Meditect Patient. Concrètement, elle permet de scanner la boite de médicaments et d’indiquer aux utilisateurs si la composition des cachets est validée ou pas. Cette information est possible grâce à une réglementation européenne datant de 2011 qui impose aux laboratoires d’inscrire un code sur chaque produit sortant de leur ligne de production pour les authentifier. Si tous les laboratoires n’ont pas encore joué le jeu, Upsa, partenaire majeur de la startup bordelaise, est d’ores et déjà investi dans cette démarche.

« En collaboration avec les laboratoires pharmaceutiques et les gouvernements, Meditect sécurise le circuit légal de distribution des médicaments en Afrique subsaharienne » , précise Arnaud Pourredon, sélectionné parmi la nouvelle promotion de Young Leaders 2021 de la French-African Foundation. « La startup est présente en Côte d’Ivoire où plus de 80% des pharmacies utilisent Meditect quotidiennement, et se déploie actuellement au Sénégal et au Cameroun avec l’ambition de déployer son service dans toute l’Afrique francophone » , indique l’entrepreneur.

Un « enjeu éthique » pour les laboratoires

« Le médicament est le bien le plus contrefait au monde. C’est un crime contre la santé et un crime social contre les plus pauvres, alors on ne doit pas en plus être confronté à l’indifférence des acteurs de la santé et de l’opinion » , déplore le fondateur de Meditect. Pour rendre sa solution la plus accessible possible, Arnaud Pourredon propose son application de manière gratuite pour les pharmaciens et les patients.

Son modèle économique repose sur les laboratoires, qui doivent payer pour sécuriser leurs médicaments. « Pour les laboratoires, l’enjeu n’est pas tant économique qu’il est éthique. Si les pertes financières ne les engagent pas, leur action doit être motivée par l’esprit de responsabilité et la protection de ce lien de confiance créé avec les patients » .

Article écrit par Heloïse Pons
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