31 août 2021
31 août 2021
Temps de lecture : 3 minutes
3 min
6342

La BioTech Kinnov Therapeutics repense la manière de traiter l’alcoolisme

Kinnov Therapeutics développe un médicament reposant sur un alliage novateur de molécules pour traiter l’addiction à l’alcool. La BioTech a recruté 180 patients dans le cadre de la phase II de son essai clinique pour mesurer l’efficacité du produit.
ÉCOUTER L’ARTICLE
Temps de lecture : 3 minutes
Partager
Ne passez pas à côté de l'économie de demain, recevez tous les jours à 7H30 la newsletter de Maddyness.
Légende photo :
Edward Howell

C’est l’alliage inédit de molécules pensées pour tout autre chose. Le candidat-médicament de la BioTech Kinnov Therapeutics, pensé pour combattre l’addiction à l’alcool, repose sur l’association de la cyproheptadine et de la prazosine, respectivement utilisées pour traiter l’hypertension et les allergies. De quoi développer un nouveau mécanisme d’action contre cette pathologie, dont la prise en charge a actuellement ses limites. Emmanuel de Rivoire, directeur général et co-fondateur de la startup, a expliqué aux Échos que son traitement permet d’abord de "rétablir la régulation du circuit de la récompense" . De quoi aider les patients, qui souffrent d’un dysfonctionnement de ce système, à reprendre le contrôle de leur consommation d’alcool.

Kinnov Therapeutics a recruté 180 patients dans le cadre de la phase II de son essai clinique, visant à mesurer l’efficacité de son candidat-médicament qui a prouvé ne pas provoquer d’effets indésirables majeurs en phase I.

Une commercialisation envisagée fin 2025

La BioTech, fondée en 2015 et dont le siège social se trouve à Orléans, a pu compter sur l’appui de 34 structures médicales pour conduire cette nouvelle étape de développement. Emmanuel de Rivoire, qui a assuré aux Échos qu’il s’agissait de "la première fois qu’un produit avec ce mode d’action est testé en clinique" , estime que ce dernier "ouvre la voie à une nouvelle approche thérapeutique par rapport aux produits existants les plus utilisés" . Ainsi, l’Acamprosate, au Baclofene et à l’Arbaclofene agissent tous sur les récepteurs Gaba-b – qui interviennent dans des processus physiologiques comme la mémorisation, le sommeil ou la dépendance aux drogues. Le Nalmefene et le Naltrexone ont, eux, un effet sur les récepteurs opioïdes – qui modulent plusieurs fonctions, dont la réponse à la douleur, au stress et le contrôle des émotions. Selon Kinnov Therapeutics, "le KT-110 (le nom du médicament, ndlr) exerce son effet thérapeutique sur la dépendance plutôt que par un effet de substitution".

Si les résultats de la phase II de l’essai clinique sont attendus au premier trimestre 2022, la commercialisation ne devrait pas intervenir avant "fin 2025-début 2026" . La recherche biomédicale se mène sur le temps long et les démarches administratives visant à obtenir une autorisation de mise sur le marché sont presque tout aussi chronophages. Emmanuel de Rivoire, qui a indiqué aux Échos rechercher un partenaire industriel dans le cadre de la phase III à venir à l’échelle internationale, estime que "l’arrivée d'un nouveau traitement efficace et bien toléré est de nature à transformer la prise en charge" de l’addiction à l’alcool quand "10 % seulement des patients ont recours aux soins" . Le KT-110, qui prend la forme de cachets à ingérer, pourrait ainsi venir renforcer l’arsenal thérapeutique à disposition des médecins. Pour mémoire, Kinnov Therapeutics a jusqu’ici levé 6,6 millions d’euros auprès du laboratoire pharmaceutique francilien Biocodex mais aussi grâce à des subventions de l’Union européenne, de Bpifrance et de la région Centre-Val-de-Loire.