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18 novembre 2021
Photo by Per Lööv on Unsplash

Parité, recrutement… Les startups peinent à sortir de leurs stéréotypes

Station F vient de dévoiler les résultats d'une étude sur les talents et le futur du travail dans les startups, menée avec Indeed et plus de 200 fonds d’investissements, et avec le soutien de Mazars. Les constats de l'écosystème demeurent.

À travers cette étude réalisée auprès de 400 startups françaises et européennes, Station F et ses partenaires viennent de dresser le portrait type des fondateurs de startups. Sans grande surprise, celui-ci est majoritairement un homme, âgé en moyenne de 34 ans, qui entreprend avec des connaissances et doit faire face à deux enjeux : la diversité et la fidélisation des talents.

Une aventure collective qui séduit les trentenaires

En creusant les réponses, on observe que l’aventure entrepreneuriale se joue majoritairement à plusieurs, avec 2,6 fondateurs en moyenne par entreprise. L’union fait la force face aux nombreuses adversités de l’entrepreneuriat et permet surtout de cumuler les compétences. En guise de futurs partenaires, les Français et les Françaises préfèrent s’associer avec des personnes qu’ils connaissent déjà (69%), de part leur travail (22%), parce qu’ils font partie de leur cercle d’amis (22%) ou de leur ancienne école (20%).

L’entrepreneuriat n’a pas d’âge non plus et la jeunesse ne boude pas l’envie de se lancer à son propre compte. En effet, plus de la moitié des fondateurs (53%) ont moins de 35 ans, seuls 18% d’entre eux dépassent les 40 ans. Un chiffre qui devrait pourtant augmenter dans les années à venir. « Nous nous attendons également à ce que l’âge moyen des fondateurs continue d’augmenter à l’avenir. Comme nous semblons vivre de plus en plus longtemps, devenir fondateur est souvent la troisième (voire la quatrième) carrière de quelqu’un » , souligne Marque Nicolas, associé chez Lakestar.

Où sont les femmes ? 

Mis à nu depuis longtemps, la faible diversité dans la tech ressort également de cette étude. Près de 80% des fondateurs des startups sont des hommes. On note seulement 25% de femmes dans l’équipe de direction, un chiffre qui tombe à 15% dans l’équipe technique. Au total, les startups françaises comptent 32% de femmes dans leurs effectifs. Et malgré les collectifs, les associations et les engagements publics – gouvernement, fonds d’investissements, entrepreneurs – ce constat peine à se traduire en acte. Sur les 400 sociétés interrogées, 77% n’ont pas mis en place de programme de formation à la diversité. Malgré tout, 38% d’entre elles disent avoir instauré une politique de diversité.

À la conquête des talents 

Réussir à recruter et surtout fidéliser les talents est un autre axe essentiel qui mobilise tous les entrepreneurs. La France n’échappe pas à la pénurie de talents dans la tech que s’arrachent les entreprises, faisant ainsi croître leurs rémunérations. Comptez plus de 111 000 dollars de salaire annuel pour recruter un CTO (chief technical officr), par exemple. Sans grande surprise encore, les profils tech et commerciaux sont les plus recherchés parmi les startups en quête de croissance et même d’hypercroissance.

Ainsi, 93% des startups prévoient des recrutements dans l’année à venir, majoritairement entre 3 et 5 (32%) mais un cinquième d’entre elles prévoient plus d’une vingtaine d’embauches. Pour les attirer, les sociétés misent sur le télétravail et un intéressement en plus des salaires. Mais cela ne suffit pas toujours : 47% des collaborateurs et collaboratrices quittent la société moins de deux ans après leur arrivée. Preuve qu’un travail de fidélisation est encore à réaliser pour permettre à ces talents d’évoluer dans la société.