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1 février 2022

Rize aide les agriculteurs à financer leur transition grâce aux crédits carbone

La startup créée en 2020 a développé une plateforme permettant de mesurer l’empreinte carbone d’une exploitation, proposant des pratiques agroécologiques et facilitant l’obtention de crédits bas carbone. Objectif : faciliter la transition agricole.

Nécessaire, vital mais également gros émetteur gaz à effet de serre, le secteur agricole serait à l’origine de 20 à 25% des émissions de CO2 à l’échelle mondiale. Un constat qui n’est pas fataliste puisqu’en parallèle, l’agriculture possède une importante capacité de captation du carbone dans le sol. À condition de savoir comment s’y prendre mais aussi comment financer cette transition. C’est là que la startup Rize entre en scène. La société, créée par Etienne Variot et Samuel Collin, a développé une solution permettant aux exploitants agricoles de calculer leur empreinte carbone, de déceler les points sur lesquels ils peuvent travailler et, dans un second temps, de se faire labelliser afin de souscrire à des crédits carbone.

Un outil tout-en-un

Initié dans le plan France Relance, le Label Bas Carbone permet à une entreprise qui réduit ses émissions de CO2 de pouvoir bénéficier de crédits carbone à revendre à des entreprises qui n’ont pas atteint leurs objectifs. Malheureusement, plusieurs freins empêchent la réelle mise en application de ce concept : la capacité à mesurer l’empreinte carbone de son exploitation (outils, connaissances, temps), la connaissance de toutes les solutions alternatives d’agriculture générative (coût, procédé, gain réel) et la compréhension des process de crédit carbone. Rize a créé une infrastructure qui permet de prendre en main facilement tous ces enjeux. “Nous nous sommes rendus compte que la technologie était incomplète pour résoudre cet enjeu, détaille Etienne Variot. Nous avons donc développé les maillons qui manquaient pour être capable de mettre en oeuvre une solution complète” .

“Nous avons pensé l’outil pour qu’il soit le plus simple possible à utiliser. Les agriculteurs peuvent venir sur la plateforme et estimer leur potentiel de réduction en 30 minutes et gratuitement” , poursuit l’entrepreneur. Une fois ces leviers d’actions présentés et quantifiés, l’agriculteur peut choisir de “définir son plan d’action avec plus de précision et travailler sur les différents leviers présentés en prenant en compte toutes les autres contraintes existantes” comme le financement, le nombre de personnes sur l’exploitation, la situation de son terrain, etc. S’ils décident de mettre en place les actions proposées, ils pourront alors demander à être labellisés et entrer dans le programme Label Bas Carbone pour obtenir des crédits carbone que Rize se chargera de vendre pour les agriculteurs. 

Ajouter une couche de vérification

Tout l’enjeu réside, dans un premier temps, dans le calcul de l’empreinte carbone. “Les informations initiales sont déclaratives puisque ce sont les agriculteurs qui les fournissent. Ensuite, nous venons les vérifier grâce à l’imagerie satellitaire et des calculs qui restent secrets” , s’arrête Etienne Variot. Pas de capteurs donc à positionner sur son terrain. Et, en cas de doute sur les informations, une vérification est faite sur place. “C’est essentiel car nous les emmenons ensuite vers la certification et des audits sont possibles”

Rize intervient en dernier lieu comme agent tiers pour vendre les crédits carbones sur les marchés. Un avantage certain pour les agriculteurs qui manquent déjà de temps. L’entrepreneur regrette néanmoins que le prix des crédits carbone ne soit pas suffisamment élevé, ce qui s’avère peu engageant pour les agriculteurs. Malgré tout, “c’est un sujet important en termes de financement, c’est un bon complément de valeur pour les agriculteurs” , appuie t-il. 

En quelques mois à peine, les 15 membres de Rize ont réussi à convaincre une vingtaine de partenaires sur le terrain, négoces, chambres agricoles ou coopératives, de proposer leur solution aux agriculteurs locaux. Ce qui a déjà permis à la startup de commencer à travailler sur un label bas carbone avec une centaine d’agriculteurs. Un chiffre qu’elle compte bien étoffer dans les années à venir en recrutant de nouveaux salariés et en s’attaquant au marché européen.

Article écrit par Anne Taffin

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