8 mars 2022
8 mars 2022
Temps de lecture : 4 minutes
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Le Gender Score, l'outil de 50inTech pour évaluer la politique d’inclusion des entreprises

La société 50inTech, qui oeuvre pour le développement de la diversité, de l’égalité et de l’inclusion dans la tech, annonce la création d’un nouvel outil, le 50inTech Gender Score dont l’ambition est d’aider les entreprises à mesurer leur progression sur ces sujets.
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"Aujourd'hui, une femme sur deux quitte le secteur de la tech en raison des discriminations, alerte Caroline Ramade, fondatrice et CEO de 50inTech. Notre ambition est de ne plus avoir une femme qui quitte le secteur de la tech à cause de ça d’ici 5 ans" . Si la formation est l'un des éléments de réponse à cette situation, la prise de conscience des entreprises et leur investissement pour renverser cette situation sont essentiels. 

Encore faut-il qu'elles possèdent les outils adéquats pour le faire. "Depuis 2 ans, startups, scale-ups et grands groupes ont rejoint 50inTech et la même problématique revient : il n’y a pas d’outil de mesure d’impact de leurs actions" , constate Caroline Ramade. C’est le rôle du Gender Score, officiellement lancé aujourd’hui. 

4 critères de grande discrimination 

"Avec le Gender Score, notre objectif est de permettre aux entreprises de mesurer la progression de leurs résultats en matière de diversité et d'identifier les actions qui favorisent l’inclusion" , explique Caroline Ramade. Ce test évaluera les entreprises sur plusieurs critères, déterminés à partir d’une étude menée auprès de 2 000 femmes révélant que les discriminations portent essentiellement sur les 4 points suivants : l’avancement dans les carrières; la rémunération; l’environnement de travail (le harcèlement) et l’équilibre vie privée-vie professionnelle. Les sociétés qui se lancent volontairement, et gratuitement dans cette démarche, doivent répondre à une quinzaine de questions et calculer une dizaine d’indicateurs comme le nombre de femmes dans les fonctions managériales, C-Level, etc. 

En permettant de cibler précisément ces points, 50inTech évite de se limiter à une note globale qui pourrait cacher de profondes disparités entre les piliers de discrimination évoqués. Et les entreprises peuvent mieux appréhender les aspects qui pèchent et sur lesquels elles doivent se concentrer afin de s’améliorer.

Forces et faiblesses 

Les entreprises obtiennent un score pour chaque catégorie et une note globale qui leur permet de se situer par rapport aux autres sociétés françaises et européennes. L’échelle d’évaluation est la suivante : Observer 0-24/100, Discoverer 25-40/100, Achiever 41-60/100, Pacemaker 61-80/100, Pioneer 81-100/100.  "Un score supérieur à 50 signifie que les entreprises ont un niveau supérieur à la moyenne des entreprises européennes. À partir de 25, les entreprises ont mis en place des premières actions mais sont au début de leur démarche" , précise 50inTech. Au-delà de la note, les sociétés reçoivent un guide de bonnes pratiques concernant la création d’un environnement de travail adéquat et des recommandations pour améliorer leur score. 

BlaBlaCar, Criteo, Malt, OpenClassrooms, Ornikar, Payfit, Dataiku, Singulart, Aircall, Meilleurs Agents, Inato, Dailymotion, Scaleway, Datadome, Upflow, Yousign, Deepomatic, Alegria.tech, Didomi, Verkor, Yzr, PassionFroot et Epsor se sont déjà emparé de cet outil. Certaines d’entre elles se distinguent sur des points précis : BlaBlaCar concernant l’équilibre vie pro-vie privée (82/100) par exemple, ou encore Malt et Criteo sur l’égalité salariale (88/100). 

Offrir un environnement sécurisé aux femmes

L’outil est proposé gratuitement en ligne pour que le maximum de sociétés se l’approprient et partagent, en toute transparence, leur score sur les réseaux sociaux afin de générer un effet d'entraînement. L’idée étant également d’aider les femmes à trouver les entreprises les plus inclusives pour y postuler. Et éviter leur fuite du secteur après quelques années. 

Depuis trois ans, 50inTech a, en effet, pour mission de faire matcher les profils féminins de la tech avec des sociétés inclusives. "Nous sélectionnons vraiment nos partenaires. Nous refusons de travailler avec environ 25% des entreprises qui viennent nous voir"  , reconnaît Caroline Ramade, parce qu’elles n’entrent pas dans nos critères de sélection. Ce qui les poussent en général à travailler sur certains points mis en avant par 50inTech, et à repasser le test un an plus tard. 

Mais la société ne se limite pas à cette seule mission, elle accompagne également les femmes sur la prise en main de leur carrière. "Nous aidons les femmes à reprendre le pouvoir" , souligne la fondatrice de 50inTech. Des masterclass et des coaching leur sont proposés pour leur apprendre à négocier leur salaire, à mettre en valeur leur CV ou encore à networker. Car "nous avons tous et toutes un rôle à jouer" pour lutter contre les discriminations, “"es victimes doivent arrêter de subir" .