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Temps de lecture : 05'12''
30 mars 2022
Finary
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Finary cherche à offrir par la technologie les possibilités d’une banque privée

Huit mois après sa levée en amorçage, Finary boucle une série A à hauteur de 8 millions d’euros. Toujours appuyée par ses investisseurs historiques Speedinvest et Y Combinator, elle s’offre le soutien d’entrepreneurs à succès pour donner davantage d’opportunités aux utilisateurs de son outil de suivi et de gestion de patrimoine en matière d’investissement.

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Finary cherche à offrir par la technologie les possibilités d’une banque privée
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Mise à jour d’un article du 24 février 2022

L’actu

Tout juste auréolé d’une levée de fonds de 8 millions d’euros, Finary, à l’origine d’une solution de suivi et de gestion du patrimoine pour les particuliers, vient de compléter cette opération par l’ouverture de son capital à ses utilisateurs via la plateforme Crowdcube, leur permettant ainsi de prendre des parts dans la société à partir de 10 euros. En moins de 20 minutes, la FinTech a séduit 983 utilisateurs pour un montant total de 2,1 millions d’euros, annonce-t-elle ce 29 mars 2022.

Interrogé en marge de l’annonce de la levée de fonds, Mounir Laggoune, le dirigeant de Finary expliquait le mois dernier que « l’opération a vocation à être reconduite » – au moins jusqu’à ce que la somme de 500 000 euros ait été levée. Le dirigeant y voit là un outil de fidélisation, doublé d’un levier marketing. « D’autres FinTech européennes l’ont fait avant nous, à l’image du Suédois Klarna ou de la Lituanienne Revolut. D’ici à un an, d’autres emboîteront le pas en France » , veut-il croire, arguant que ce type d’opération finira par ne plus être perçu comme « la dernière chance de ceux qui n’arrivent pas à lever auprès de VCs » . Une structure spécifique détiendra les parts des actionnaires utilisateurs, qui n’apparaîtront pas nommément dans la table de capitalisation. « C’était déjà le cas pour l’open banking et, avant encore, le crowdfunding : on connaît ici un retard à l’allumage, mais le rattrapage ne tarde jamais à se faire sentir. »

Seulement huit mois ont passé depuis son amorçage à hauteur de 2,2 millions d’euros, en mai 2021.  Finary a passé la seconde. La FinTech a été suivie par ses investisseurs historiques Speedinvest et Y Combinator et elle fait aussi entrer à son capital une poignée de business angels, parmi lesquels figurent des entrepreneurs à succès – à l’image de Steve Anavi et Alexandre Prot (Qonto) ou Eric Demuth (Bitpanda). L’objectif ? Capitaliser sur leurs expériences passées pour permettre à Finary de transformer l’essai. « Quelque part, on voit le futur à travers eux puisqu’ils ont connu ce qu’on vit » , explique à Maddyness Mounir Laggoune, co-fondateur, se retrouvant « dans l’adage qui veut que l’on soit la somme des gens qui nous entourent ».

Le contexte

C’était déjà dans cet état d’esprit qu’avec son co-fondateur, Julien Blancher, ils ont choisi d’intégrer Y Combinator dès la création de l’entreprise. « En décembre 2020, Finary a vu le jour sur la base d’un constat : nous investissons tous les deux à titre individuel, et n’avions pas d’outil pour automatiser la gestion des opérations. Tout reposait sur Excel » , raconte le dirigeant. En explorant « ce qui était techniquement faisable » , les entrepreneurs estiment avoir élaboré un service répondant aux besoins des particuliers « qui sont trop aisés pour laisser leur argent dormir, mais pas assez pour recourir à des banques privées » . Ils l’ont d’abord mis à l’épreuve auprès de leur proche, avant de convaincre le célèbre incubateur américain. « Nous avons suivi une formation accélérée de janvier à mars 2021 au sein de Y Combinator, ce qui nous a permis de nous mettre sur une trajectoire à l’américaine » , juge Mounir Laggoune, dont l’associé a précédemment vendu sa startup Recast.AI au géant allemand SAP.

Les dirigeants se réjouissent de l’appui prolongé de Y Combinator, rappelant que « plusieurs des sociétés dans lesquelles ils ont investi valent désormais plus d’un milliard » de dollars à l’instar d’Airbnb, Stripe, Coinbase, etc. Selon Mounir Laggoune, « les Américains sont décomplexés en matière de succès et c’est un sentiment libérateur quand on monte une entreprise » . Vantant un « accompagnement zéro bullshit » , le dirigeant estime que les mentors « mettent le doigt où cela fait mal » . Sans compter le réseau de la structure, qui offre de multiples opportunités de financement ainsi que de conseil par d’autres entrepreneurs. Ce qui a d’ailleurs conduit Mounir Laggoune et Julien Blacher à « construire le produit en lien direct avec la communauté d’utilisateurs ».

La techno

L’outil de suivi et de gestion du patrimoine de Finary est disponible sur iOS, Android ainsi que sur le Web. Il permet à ses 30 000 utilisateurs de consulter des indicateurs clé afin de réaliser les meilleurs choix pour placer leurs 10 milliards d’euros d’actifs. « Une fonction de projection du patrimoine dans le futur permet de réajuster ce qui doit l’être pour atteindre ses objectifs personnels » , décrit Mounir Laggoune, qui assure que « 80 % des utilisateurs de Finary n’avait jamais fait de méthode de Monte-Carlo » – qui permet d’introduire une approche statistique, via la simulation de variables aléatoires, du risque dans une décision financière – avant d’adopter l’application. De quoi prendre en compte des notions comme l’inflation dans le cadre de produits au rendement « garanti » , à l’instar de l’assurance-vie.

Finary

Ce à quoi va servir la série A

Finary entend poursuivre le développement du produit, suite à son nouveau tour de table. La jeune pousse prévoit d’intégrer de nouvelles classes d’actifs et davantage d’indicateurs clé. L’application deviendra compatible avec un certain nombre de banques qui ne le sont pas encore. « Plus généralement, nous devrons être en capacité de bâtir pour l’utilisateur une feuille de route personnelle comme le font aujourd’hui les banques privées » , martèle Mounir Laggoune, précisant qu’il devrait être possible d’investir directement depuis l’outil à partir de fin 2022. Si les banques privées font dans la dentelle en conseillant leurs clients, elles imposent un seuil minimal de patrimoine à l’entrée – qui se compte généralement en millions d’euros. Ce qui sous-entend que les personnes aisées sont les seules à voir leur argent fructifier de façon optimale. « Il n’y a pas de raison que les gens riches deviennent plus riches, et que les autres soient laissés sans option » , estime le dirigeant, arguant que son produit est en mesure de « répondre à la défiance de la population vis-à-vis de la finance ».

La startup lancera, par ailleurs, un second chantier majeur : son internationalisation. Après la France et le Benelux, elle posera ses valises au Royaume-Uni courant 2022. « La culture financière y est proche de celle des Etats-Unis, mais il faudra tout de même adapter le produit à une nouvelle monnaie et aux règles locales concernant l’emprunt, par exemple » , note Mounir Laggoune, qui assure que Finary ouvrira un bureau à Londres. Suivront, un peu plus tard, l’Allemagne et la Suisse. « Là aussi, l’expérience avec Y Combinator nous a appris qu’à partir du moment où on couvre bien son marché domestique, il faut se lancer ailleurs pour envoyer des signaux et éviter de se faire copier. »

Sa série A servira à la jeune pousse pour étoffer ses équipes, notamment design et marketing, dans cet objectif. D’une quinzaine de salariés, « principalement des développeurs » , elle ambitionne ainsi d’en avoir « une quarantaine, à Paris ou à distance, d’ici à la fin 2022 ». Et là ne s’arrête pas sa vision.

Article écrit par Arthur Le Denn
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