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5 avril 2022

Les 12 entreprises qui déposent le plus de brevets France

Les demandes de brevets sont reparties à la hausse en Europe en 2021 après un recul lié à la pandémie, aux technologies numériques et médicales, selon un bilan de l'Office européen des brevets (OEB). Safran est le groupe français qui en dépose le plus.

La France se montre un peu plus résiliente que ses voisins européens en matière d’innovation. C’est, en substances, le constat de l’Office européen des brevets (OEB), qui vient de publier son dernier baromètre Patent Index 2021. De fait, la France a déposé 10 537 brevets européens en 2021, soit 0,7% de moins que l’année précédente. Elle est 5e au classement mondial et 2ᵉ sur le podium européen, derrière l’Allemagne (qui enregistre une légère augmentation de 0,3% pour 25 969 demandes) et devant la Suisse (8 442 demandes, +3,9%). Traditionnellement, le nombre de demandes de brevets constitue un indicateur précoce pour analyser l’investissement des entreprises dans la recherche. 

Malgré l’impact inévitable de la pandémie, la France tire donc son épingle du jeu dans un contexte de “ralentissement de nombreux pays européens”, particulièrement visible il y a deux ans. Y compris face à son concurrent germanique, qui enregistrait par exemple – 3,3 % dès 2020, quand la France, elle, connaissait un rebond de  3,7%.  Pour Antonio Campinos, président de l’OEB, « c’est le signe de la vitalité de l’écosystème de l’innovation en France ».

Safran, le CEA, et Valeo, trio gagnant

Voilà pour le panorama général. Concernant l’analyse du marché français, parlons déjà du trio de tête : Safran, le géant de l’aéronautique, de l’espace et de la défense, avec 540 demandes, fait un bond impressionnant de 27,4% par rapport à 2020. Il vole la vedette au Commissariat à l’énergie atomique et aux énergies alternatives (CEA) et ses 528 demandes (+1,5%). La troisième place revient à l’équipementier automobile français Valeo, qui fait son retour dans le tiercé gagnant avec 500 demandes, grâce à une forte croissance de 28,2%. Ces trois entreprises françaises figurent également au palmarès des 50 entreprises mondiales, à la 33ᵉ place pour Safran (+15 en un an), à la 35e pour le CEA (+2) et à la 41ᵉ pour Valéo, qui fait son nid parmi les plus grands producteurs de brevets internationaux. 

Voici les des entreprises françaises qui ont déposé au moins 200 demandes de brevets en 2021:

  • 1. Safran –  540 
  • 2. CEA – 528 
  • 3. Valéo – 500 
  • 4. Saint-Gobain – 433 
  • 5. Sanofi – 291
  • 6. Thales – 244 
  • 7. Renault – 239 
  • 8. Inserm – 237 
  • 9. Michelin – 221
  • 10. Arkema – 217 
  • 11. Schneider electric – 204 
  • 12.  Air liquide – 200

Les transports en tête de pont

Quels sont les secteurs français les plus en pointe en termes d’innovation ? Bien que 5ᵉ au rang mondial, ce sont les transports qui arrivent largement en tête de face aux autres industries Hexagonales. Elles enregistrent d’ailleurs une légère hausse (+ 0,4 %) par rapport à 2020, moins bien que le regain d’activité de 2020 (+ 4,6 %), toutefois. La France est, là encore, deuxième derrière son voisin germanique, bien que ce dernier faiblisse légèrement. Il suffit d’observer le top 10 des entreprises tricolores les plus innovantes pour saisir la place des transports dans l’innovation : toutes ou presque comptent des branches dans ce domaine, qu’il s’agisse de mobilité, d’aviation ou d’aérospatial.

Les technologies médicales en perte de vitesse

Viennent ensuite les technologies médicales, avec 719 demandes de brevets en 2021, soit un recul de moins 3% par rapport à 2020, après une hausse spectaculaire de 28,6% l’année précédente. Ce déclin illustre bien les difficultés que rencontre la recherche française, notamment son sous-financement et sa mauvaise organisation, alors même que nous traversons une crise sanitaire réclamant, à priori, une certaine émulation en matière de biotechnologies. En matière de technologies médicales, le laboratoire Sanofi reste le fleuron français, avec sa place de 5e sur le top 10 français. 

En quatrième position, on trouve enfin l’informatique (qui occupait la 4e place en 2020), avec 14 671 demandes de brevets, soit un saut de 9,7 %. Le classement dévoile également une forte croissance dans les secteurs de l’audiovisuel (+ 24 %) et des semi-conducteurs (+ 21 %), ce qui représente, pour l’OEB, un “signal positif dans un contexte de pénurie et de bataille pour la souveraineté industrielle européenne”

En France, deux secteurs connaissent par ailleurs un recul étonnant, à rebours de l’essor que l’on observe à l’échelle mondiale : les produits pharmaceutiques et biotechnologies, en 7e et 8e position. Elles enregistrent, respectivement, un recul de 18,4% et 3,4%. Malgré tout, l’Institut national de la santé et de la recherche médicale (Inserm), trône fièrement en troisième place du classement OEB des produits pharmaceutiques, juste derrière le mastodonte Johnson & Johnson et l’Université de Californie. L’Inserm conserve aussi sa deuxième place en biotechnologie, talonnée de près par Sanofi (5e). Autre particularité française : c’est le seul pays, avec l’Allemagne, à compter un organisme public dans le top 50 de l’OEB, largement représenté par des industriels.

Les entreprises chinoises offensives

L’OEB, basé à Munich, a reçu au total 188.600 demandes de brevets, soit une hausse de 4,5% sur un an, établissant un nouveau record, après un recul de 0,7% en 2020 dû aux perturbations logistiques provoquées par la pandémie de Covid-19. Le secteur de la communication numérique et de l’informatique a déposé le plus grand nombre de demandes (15.400, +9,4%), suivi des technologies médicales (15.231, +8,8%) et des technologies informatiques (14.671 demandes, +9,7%).

Les chiffres de 2021 montrent « un retour à la normale » , a déclaré à l’AFP Yann Ménière, chef économiste de l’OEB, soulignant que la hausse était tirée géographiquement par l’Asie et les Etats-Unis.

Ce sont les entreprises chinoises qui connaissent la croissance la plus rapide (+24%), quand les États-Unis caracolent encore en tête, avec 25% du total des dépôts de brevets. Le tout dans un contexte général de rebond (+4,5%). Signe, selon l’OEB, de « la créativité et [de] la résilience des innovateurs en Europe et dans le monde”, notamment grâce à la “forte croissance des technologies numériques”.