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3 mai 2022
Photo by Paul Einerhand on Unsplash

Le nouveau satellite d’Unseenlabs repère les bateaux qui ne veulent pas être vus

La SpaceTech rennaise Unseenlabs a déployé un septième satellite, s'inscrivant dans une constellation de 20 à 25 appareils qu'elle entend bâtir d'ici à 2025. De quoi renforcer la lutte contre la pêche illégale, le narcotrafic ou les pollutions marines.

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Et de sept. Unseenlabs a déployé ce mardi 3 mai 2022 un nouveau satellite, destiné à repérer depuis l’espace les navires non coopératifs (« dark ships » ) dans le but de renforcer la lutte contre la pêche illégale, le narcotrafic ou les pollutions marines. Le satellite BRO-7 a été mis en orbite basse par la mini-fusée Electron tirée de Nouvelle-Zélande, quelques semaines après le lancement de BRO-6 le 1er avril, a annoncé la startup créée à Rennes en 2015.

Bâtir une constellation de 20 à 25 satellites

Les satellites de cette constellation, qui devrait en compter entre 20 et 25 d’ici à 2025, captent les signaux radiofréquence des navires, même si ceux-ci ont coupé leur transpondeur AIS (système d’identification automatique). « On peut caractériser les émissions, c’est-à-dire appliquer une signature unique à chaque navire. Cela permet de suivre leur trajectoire » , explique Clément Galic, président et co-fondateur d’Unseenlabs.

Il suffit qu’un navire à un moment donné branche son AIS pour avoir son nom et l’associer à une signature électromagnétique. Les satellites en orbite, qui permettent une localisation d’une précision de un à cinq kilomètres, permettent déjà de couvrir le monde entier, il s’agit donc d’augmenter la fréquence des « acquisitions » lors des passages au-dessus des zones d’intérêt, ajoute-t-il.

« En deux acquisitions maximum, on voit tout ce qui se passe en Méditerranée. La radiofréquence, c’est la première couche d’analyse de surveillance maritime, on a une vision exhaustive d’une très large zone, 100 à 1 000 fois plus grande qu’un satellite optique » , détaille-t-il. Cela permet selon lui une « optimisation des ressources » , en n’affectant des satellites d’observation optique ou radar que « sur les vraies zones d’intérêt » .

Le ministère des Armées ne s’y est pas trompé en investissant dès 2018, via son fonds Definvest, dans Unseenlabs. La startup, qui a levé 27,5 millions d’euros à date, réalise plus de la moitié de son activité à l’international. « On a des revenus, on n’a pas eu le temps de tout dépenser. Plus que des levées de fonds, ce que j’aimerais, c’est un peu plus de commandes publiques françaises » , confie Clément Galic, pointant vers les 1,5 milliard d’euros prévus dans le plan de relance pour les nouveaux acteurs du spatial.

Unseenlabs, « passée de 10 à 35 salariés en 18 mois » , espère disposer d’une dizaine de satellites en orbite d’ici à la fin de l’année. « De notre côté, on est prêt à lancer plusieurs autres satellites, mais cela va dépendre de la disponibilité des lanceurs » , selon le dirigeant. Pour rappel, la SpaceTech était longuement revenue avec Maddyness sur le lancement de son quatrième satellite à l’été 2021 avec Arianespace.

Article écrit par Maddyness, avec AFP
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