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18 mai 2022
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Industrie 4.0 : le risque, c’est de passer à côté

Concept apparu en 2011, l’industrie 4.0 (aussi appelé l’industrie du futur), est un sujet fondamental de l’économie d’aujourd’hui et un rouage essentiel du monde entrepreneurial de demain. À la fois peu connue du grand public et plébiscitée par les écosystèmes innovants, Maddyness en lance un tour d’horizon.

Pour commencer, il est essentiel de tordre le cou à certaines idées reçues qui sont loin d’être vérifiées autour de l’Industrie 4.0. Non, l’avancée phénoménale de la technologie appliquée à l’industrie n’est pas réservée aux grands groupes et multinationales. Les plans Startups et PME industrielles de Bpifrance sont par exemple dédiés aux nouveaux acteurs industriels français. Non, elle ne pousse pas à l’exploitation totale des machines au détriment des équipes humaines. Le secteur métallurgique français prévoit par exemple 100 000 recrutements par an jusqu’en 2025 induits par l’implémentation de nouvelles technologies. Non, les États-Unis et la Chine, pour ne citer qu’eux, ne sont pas irrattrapables quant au soutien de ces mutations. Le programme Industrie du Futur, entre autres, mis en place par le gouvernement français en 2020, 2021 et 2022 a par exemple permis à 7 735 entreprises industrielles de bénéficier de plus de 800 millions d’aides de l’État pour la modernisation de l’industrie, notamment sur les enjeux portés par l’industrie 4.0. Il est donc encore temps pour l’Europe et pour la France d’incarner le sujet, d’en porter la transition et d’entrer dans la course.

Pourquoi s’y mettre ?

S’il est encore temps, pour les entreprises européennes, de s’atteler aux changements qu’implique l’Industrie 4.0 (recours à l’intelligence artificielle, optimisation de la collecte et du traitement des données, maintenance prédictive…), c’est avant tout parce que le sujet est encore nouveau, que beaucoup reste à faire. Or, comme dans toute modification structurelle du secteur industriel, les premiers à franchir le pas bénéficient d’un avantage concurrentiel de poids. C’est notamment la position de Laurence Grosselin, directrice en charge de la digitalisation de l’Usinerie Partners, Société d’Économie Mixte, qui accompagne les entreprises industrielles dans leur transformation numérique et digitale (via son offre Protée’IN). Elle confirme cet effet de valorisation des pionniers : « Les premiers à se développer sur ces enjeux sont un exemple pour les autres acteurs. Ils tirent tout le monde vers le haut, se rassemblent, parfois sur des projets communs, créent une émulation, et de ce fait valorisent leurs avances et leur notoriété. »

Or les avantages que présentent les opportunités offertes par le progrès technologique de cette 4ᵉ grande révolution industrielle sont nombreux. Gains de productivité, réduction des coûts, des dépenses énergétiques, diminution de l’empreinte carbone par une consommation énergétique optimisée et rationalisée, tous ces éléments convergent vers un retour sur investissement très favorable pour les entreprises autant que pour leur environnement.

En ayant les moyens d’être plus attentif à l’ensemble de la chaîne de valeur, les entreprises qui adoptent les principes de l’Industrie 4.0 ont de fait un impact plus positif sur leur environnement, précise Laurence Grosselin. Nous les encourageons par exemple à adopter les bons gestes pour la réduction de leur consommation de papier, à gérer leurs déplacements pour qu’ils affichent un bilan carbone le plus bas possible, à choisir des partenaires et fournisseurs de proximité. Tous ces facteurs représentent à la fois des économies pour l’entreprise et une démarche plus responsable quant à leur environnement direct, sur le plan humain, écologique et social.

Au cœur de tous ces facteurs clés de succès se trouve la gestion des données. C’est elle, notamment, qui permet la mise en place de solutions de maintenance prédictive, clé de voûte de l’Industrie 4.0. Laurence Grosselin rappelle : « mieux utiliser la donnée revient à transmettre la bonne information à la bonne personne au bon moment. C’est cette équation qui implique par exemple une meilleure anticipation de la maintenance, l’optimisation de l’efficacité opérationnelle et de l’interface Homme-Machine, tout en fluidifiant les processus et en améliorant les contrôles par exemple. »

Comment s’y mettre ?

Une fois convaincu de l’intérêt d’opérer cette transition, encore faut-il en comprendre les leviers d’action concrets. L’Usinerie Partners est un allié de choix lors du processus d’acclimatation. Laurence Grosselin développe : « Notre offre Protée’IN résume notre approche. Partager, Réseauter, Orienter, Transformer et Engager les Entreprises Industrielles vers le Numérique. » Quoi de mieux qu’une référence assumée à la divinité grecque dont le don est de se métamorphoser et de prédire l’avenir pour endosser ce rôle de conseil auprès des entreprises qui souhaitent avancer sur le chemin de ces mutations ? Aucune fausse promesse ici : il s’agit d’un chemin. Évolutif, progressif, rempli de bons choix et d’apprentissages « sur le tas ».

Le premier critère de réussite est d’assumer autant les succès que les obstacles qui jalonnent ce parcours. Les porteurs et porteuses de projets peuvent ainsi compter sur le soutien, tout au long de ce chemin, de l’Usinerie Partners, société d’économie mixte soutenue par le Grand Chalon, aussi bien dans la transformation numérique de leur entreprise que dans leur développement personnel autour de ces enjeux.

En effet, la force de volonté et la dimension humaine d’un projet de transformation sont des principes clés pour Laurence Grosselin : « Il est impératif que les dirigeants qui se lancent le fassent en anticipant au maximum, en préparant le terrain. Ces phases de transition ne sont jamais anodines pour les équipes, communication, organisation et transparence en interne comme en externe sont les maîtres-mots à appliquer. Cela permet à la fois une consultation productive des experts qui peuvent accompagner l’entreprise et une émulation positive de l’ensemble des équipes qui doivent, elles aussi, incarner ce changement. »

Voilà pour la théorie. Côté pratique, il est aussi fondamental de définir un cahier des charges précis et des attentes raisonnables et raisonnées. Connaître ses objectifs, les décliner en tâches, savoir en mesurer les facteurs clés de succès, et les inscrire dans un contexte, dans un environnement qui est toujours unique. « Les bénéfices sont aussi variés que les entreprises qui les visent », poursuit Laurence Grosselin, « il ne faut surtout pas essayer de répliquer un modèle, aussi réussi soit-il, mais établir sa feuille de route spécifique, personnalisée avec la réalité et la maturité digitale de l’entreprise. »

Qu’est-ce que cette transition implique ?

Car le changement est global, profond. Son impact touche l’ensemble de l’entreprise et de ses composantes, qu’elles soient humaines, matérielles, et/ou technologiques. De la logistique à la gestion des ressources humaines, de l’architecture de données à la maintenance, c’est toute la chaîne de valeur qui doit accompagner cette mutation. Pour Laurence Grosselin, la dimension humaine est d’ailleurs un pilier de la démarche : « À chaque étape de la transition, le facteur humain est clé. En préambule, par la pédagogie, l’écoute, la sensibilisation des équipes. Plus tard, par des formations, par la facilitation de la reconversion des employés, par une attention constante qui vise en permanence à mettre en adéquation les ressources humaines de l’entreprise aux objectifs visés. »

L’industrie 4.0 implique un nouveau calibrage de tout le processus décisionnel de l’entreprise. Le management est plus transversal, les ressources technologiques plus amplement sollicitées. C’est ce que détaille notamment Yannick Mahé, Directeur Général de l’Usinerie Partners : « On a des exemples réussis de réindustrialisation en France parce qu’on y produit mieux à de nombreux niveaux (qualitatif, responsable, sociétal etc.). Mais cela est aussi et surtout corrélé au fait que l’humain est revenu au cœur du dispositif, recentré sur des postes à forte valeur ajoutée. » Ces changements ont ainsi un impact très favorable sur la productivité des équipes, mais aussi sur leurs conditions de travail, puisqu’elles contribuent à augmenter les tâches à forte valeur ajoutée pour les collaborateurs et collaboratrices, à réduire les risques liés au travail par un meilleur contrôle de l’ensemble de la chaîne de valeur ou encore à optimiser la créativité des équipes.

Et Laurence Grosselin de conclure : « On associe souvent, à tort, l’augmentation de la productivité à un concept négatif pour l’humain. L’industrie 4.0 prend le contrepied de cette corrélation. Elle valorise le rôle de l’humain grâce à l’apport technologique. » L’industrie 5.0, dont les préceptes commencent déjà à poindre, pointe l’humain comme le cœur de l’évolution du secteur industriel. Enjeux sociaux et développement durable en sont des piliers, autant de raisons de croire à un avenir porteur pour des entreprises en pleine mutation.

Maddyness, partenaire média de l’Usinerie.