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Temps de lecture : 03'36''
16 juin 2022
EDF
Arthur Le Denn / Maddyness

Comment EDF et les startups tirent profit de leur collaboration « d’égal à égal »

EDF réaffirme, à VivaTech, sa stratégie en matière d’open innovation. Déterminé à soutenir le développement commercial et technologique des startups opérant dans la transition énergétique, l’énergéticien français s’imprègne aussi de leurs solutions.

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« L’open innovation se compte, à EDF, en milliers de collaborations chaque année. » C’est ce qu’indique Julien Villeret, directeur de l’innovation de l’énergéticien français, en marge du salon VivaTech – qui se tient jusqu’au 18 juin 2022 au parc des expositions de la porte de Versailles, à Paris. Ce lien fort avec les startups, aussi bien françaises qu’étrangères, doit lui permettre de « co-développer des solutions adjacentes » à son activité historique, la fourniture d’électricité. L’entreprise, qui investit dans certaines des jeunes pousses qu’elle juge prometteuses, plaide pour « une relation d’égal à égal » vis-à-vis de ses partenaires. « Il n’est pas question de devenir majoritaire à leur capital, évacue Julien Villeret, qui estime possible pour EDF de servir son intérêt en matière d’innovation tout en soutenant le développement de ses startups partenaires. Mieux : nous devenons, la plupart du temps, leur premier client d’envergure, avant de les présenter à certains de nos propres clients. »

Un réseau et des financements

Le groupe dispose d’un fonds de corporate venture capital (CVC). EDF Pulse Ventures lui a, depuis 2017, permis d’injecter quelque 270 millions d’euros dans une vingtaine de startups. « Nous choisissons les meilleures solutions à même de répondre à nos enjeux stratégiques de décarbonation, détaille Julien Villeret. Chaque année, ce sont 60 millions d’euros que nous investissons dans des opérations d’amorçage ou de refinancement. » Se défendant de toute prédation, le directeur de l’innovation de l’énergéticien tient ainsi à rappeler qu’un investissement de sa part n’empêche en rien la startup qui en bénéficie de « collaborer avec ses concurrents ». Lors de VivaTech, EDF a notamment annoncé investir dans les jeunes pousses française Monkey Factory – réduction de l’impact carbone des trajets du quotidien – et britannique Carbon8 – séquestration de CO2 –, qui ont respectivement levé 3 et 4,7 millions d’euros.

« Dans chaque cas, nous avons trouvé la solution innovante et aimé l’équipe. On constate qu’une idée moyenne portée par une équipe géniale fonctionne. En l’occurrence, les deux sont réunis pour Monkey Factory et Carbon8 » , sourit Julien Villeret, expliquant aussi avoir été motivé, dans le cas du Britannique, par le co-investissement du géant du ciment Vicat. D’après Maarten van Roon, directeur commercial de la startup, « EDF apporte plus que du financement : le groupe met son réseau à notre disposition ». De quoi provoquer diverses opportunités commerciales. L’énergéticien, qui investit « habituellement entre 2 et 5 millions d’euros jusqu’en série B, sans jamais prendre plus que 20 % du capital » , contribue aussi au développement des startups sur le volet technologique. « Nous sommes l’un des rares acteurs présents sur toute la chaîne de valeur, de la production d’énergie à sa distribution, relève Julien Villeret. Nos différents corps de métiers apportent une aide déterminante. »

EDF s’imprègne des technologies innovantes

La plateforme américaine de mesure et de reporting de l’empreinte carbone Persefoni, qui profite aussi de l’appui financier et de l’expertise technique du géant français, estime que « la mise en relation privilégiée avec les clients d’EDF à travers le monde permet d’adapter plus rapidement le produit aux réglementations et besoins de nouveaux marchés » , tout en « donnant de la visibilité à la problématique de l’empreinte carbone ». L’énergéticien est, par exemple, le deuxième acteur du secteur au Royaume-Uni et dispose d’une filiale, nommée Edison, en Italie. L’enjeu, pour ce dernier, en soutenant les startups ? Enrichir le catalogue de services qu’il propose à ses propres clients. « L’innovation permet notamment de créer des solutions plus légères et compactes pour répondre aux besoins d’entreprises de taille plus modeste » , souligne Julien Villeret, donnant l’exemple du système de séquestration de CO2 de Carbon8, qui tient dans deux conteneurs disposés l’un au-dessus de l’autre.

EDF, qui s’attache aussi à « simplifier les aspects administratifs et la veille technologique » auxquels les startups ont affaire, enjoint en outre ses propres scientifiques à comprendre les technologies de ses partenaires. « L’IoT est, par exemple, un gros sujet, quand on sait que nos sites de production sont bardés de capteurs » , pointe Julien Villeret. L’énergéticien tire de bonnes pratiques visant à optimiser le recours à ces derniers, dans le cadre de ses collaborations d’open innovation. Afin de ne manquer aucune innovation digne d’intérêt, le groupe tricolore organise chaque année depuis huit le prix EDF Pulse. « C’est en quelque sorte notre appel au marché, qui vient se calquer sur nos besoins » , expose le directeur de l’innovation, assurant « étudier tous les dossiers de demande de financement » des startups prenant part au concours. Pour rappel, une poignée de pépites a précédemment remporté un prix de l’énergéticien. C’est le cas de BeFC et de ses piles à biocarburants écologiques à base de papier, reconduite dans le French Tech Green 20 à VivaTech.

Article écrit par Arthur Le Denn
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