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24 juin 2022

5 startups wallonnes spécialisées en intelligence artificielle

Le programme «Digitalwallonia4.ai » et les acteurs publics de financement, d’incubation et d’accélération (dont certains ont été représentés au « European Accelerator Summit » organisé dans le cadre de VivaTech) favorisent la création et la croissance de startups dans le domaine de l’Intelligence Artificielle (IA) en Wallonie. Maddyness a pu rencontrer cinq d'entre elles : ACIC, Capflow, Comunicare, Feelin et Haulogy.

ACIC : Analyse de vidéos avec l’aide de l’IA

Fondée en 2002, la startup devenue scaleup, est spécialisée dans la « computer vision ». Pionnière dans le monde de l’analyse vidéo, ACIC a élaboré sa solution en exploitant les résultats de recherche fondamentale de deux universités wallones. Sa solution s’adresse notamment aux municipalités et à la voirie, aux aéroports, aux gares, et aux infrastructures énergétiques et sensibles pour contrôler d’éventuelles intrusions.

Comme l’expose l’un de ses représentants Nabil Jabakh : « Nous fournissons à nos partenaires des algorithmes d’analyse vidéo où les images sont regardées via l’IA et non par l’humain. Dans bien des cas, des milliers de caméras sont installées sur un même lieu et l’oeil humain serait incapable de traiter autant d’images. Notre solution consiste donc à faire observer ces images par ordinateur sur la base d’une détection par rapport à des critères prédéfinis. Les images « sélectionnées » remontent et l’oeil humain peut alors agir si besoin ».

Des opérateurs de chemins de fer ont par exemple sollicité ACIC pour des opérations de comptage et d’affluence afin de mieux adapter l’offre de trains par rapport à la demande. L’IA fournit dans ce cas une analyse prédictive, et dans d’autres cas, elle est aussi utilisée dans la gestion intelligente du bâtiment, où selon l’affluence dans un hall d’aéroport, la climatisation peut être régulée de façon dynamique. Pendant la crise sanitaire du Covid, ACIC a par ailleurs installé des caméras dans des supermarchés pour s’assurer que les mesures de distanciation étaient respectées.

Enfin, les solutions de la scaleup sont très utilisés pour évier les intrusions dans des sites sensibles comme les sites militaires ou nucléaires.

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Haulogy : Solutions de gestion de l’énergie à partir de l’IA

Leader en France sur le marché de la transition énergétique, la startup wallonne créée en 2005 propose des solutions de gestion de l’énergie basée sur l’IA. Après une croissance confortable en Belgique, Haulogy s’est étendue à l’international en pénétrant le marché français en 2018. Un succès fulgurant qui a fait évoluer la startup au rang de scale-up avec aujourd’hui 130 salariés. Partenaire de plus de 20 fournisseurs d’énergie, Haulogy fait aussi de la gestion de réseau gaz, électricité (dont R-GDS, anciennement Réseau Gaz de Strasbourg, et le Groupe Sorégies, énergéticien intégré au service de la transition énergétique dans les territoires). « Nous avons une troisième brique avec notre plateforme d’IA dédiée à la Transition énergétique que nous déployons pour l’heure en Belgique auprès de sociétés de gestion des réseaux d’eau comme la Société Wallone des Eaux, et d’électricité comme Ores » témoigne Jean-Christophe Augey, responsable du développement de Haulogy en France, où les opportunités de déploiement de la plateforme sont nombreuses. « Sans l’IA, la transition énergétique ne peut se réaliser » martèle Jean-Christophe Augey. « Il faut arriver à des prises de décisions très rapides avec des volumes de données très conséquents : ce que permet notre plateforme. Elle peut en effet bâtir différents cas d’usage liés à la transition énergétique comme la flexibilité de l’équilibre de l’offre et de la demande, l’injection de 10 à 30% d’énergies renouvelables sur un réseau existant, et la gestion de la mobilité électrique avec les bornes de recharge »

Avec l’arrivée de Linky, l’explosion des données et un réseau qui fait face à des apports d’énergie très variés, l’IA semble indispensable à la gestion de la transition énergétique, tant pour optimiser l’équilibre entre l’offre et la demande que pour accueillir et raccorder plus d’énergies renouvelables sur le réseau. Un réel défi où Jean-Christophe Augey constate une explosion des demandes.

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Feelin: Collecte et analyse de la réaction émotionnelle face à des contenus vidéos grâce à l’IA

Fondée en 2020, Feelin permet aux professionnels du marketing, de tester l’audience de leurs vidéos et autres contenus en mesurant et en analysant la réaction émotionnelle du consommateur. Le principe ? Les membres du panel Feelin vont regarder une vidéo sur l’application Feelin via leur smartphone. Feelin analyse ensuite en temps réel les émotions de l’audience grâce à la caméra frontale du téléphone en mesurant les micro expressions faciales liées aux expressions du visage et la dilatation de la pupille.

« La force de notre solution est d’être très rapide car on a automatisé l’intégralité du processus. Comme nous avons des milliers d’utilisateurs, nous récoltons l’équivalent de 200 réponses en quelques heures, ce qui permet d’obtenir des informations rapidement pour améliorer les campagnes » précise Nicolas Dubue, CEO de Feelin. Les marketeurs peuvent donc savoir à quel moment et comment l’audience a réagi, les messages qui ont été les mieux compris, là où l’audience a désengagé son attention et pourquoi, etc.

Générer de l’émotion étant un enjeu majeur pour les marques et les contenus vidéos qu’ils soient récréatifs ou institutionnels, la solution Feelin est plébiscitée par les grands comptes et des agences créatives digitales. Toute la valeur ajoutée de l’IA réside dans sa capacité à transmettre des données objectives sur l’émotion en temps réel.

Parallèlement, Feelin fait de l’analyse de contenus en vidéo – aussi appelé du labelling automatique. « En testant des milliers de vidéos chaque année, on est en mesure de fournir une banque de données très vaste pour comprendre comment les consommateurs réagissent et déterminer ce qui marche ou ne marche pas dans la réalisation d’une vidéo ». Feelin est donc à même de pouvoir conseiller les professionnels de la vidéo en leur indiquant quels sont les bons formats de vidéo, et les meilleurs contenus tant sur la forme que sur le fond.

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CapFlow / FlexiPark : la solution de gestion des parkings

Créé en 1995, CapFlow se présente comme précurseur en matière d’Intelligence Artificielle, développant au fil du temps des solutions et des services avec une finalité commerciale récurrente. Sous l’entité FlexiPark, la société CapFlow commercialise des solutions de gestion de parking et l’ensemble des technologies attenantes pour proposer une gamme de services et de gestion la plus étendue possible. Autorisation et accès, système de paiement, abonnement, réservation, recharge de batterie électrique, aide à la direction pour trouver une place, gestion des usagers… Autant de services et d’outils de gestions générés grâce à l’IA. Une technologie d’autant plus nécessaire que la tendance des professionnels du secteur des parkings, est au partage des ressources avec les entreprises qui mettent à disposition du public une partie de leur parking.

« Aujourd’hui, on mise sur le développement du parc des voitures électriques en proposant des solutions aux entreprises pour pouvoir réserver une place et recharger le véhicule avec de l’énergie verte, une priorité pour nous » précise Pascal Repjuk, General Manager de CapFlow.

L’Intelligence Artificielle apporte une valeur ajoutée tant pour l’usager (lecture des plaques d’immatriculation pour entrer  sans ticket et calcul du temps de stationnement), que pour la sécurité (vidéosurveillance), que pour la gestion automatisée de tout ce qu’implique un parking. « On a évolué vers des applications très concrètes où l’on vend de la  gestion de parking avec un panel de services conçus à partir de logiciels utilisant l’IA. Un parking comporte une multitude d’équipements et de paramètres à gérer, qui s’ils ne sont pas automatisés et optimisés grâce à l’IA, deviennent ingérables » conclue Pascal Repjuk.

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Comunicare : la plateforme e-santé qui travaille su l’IA 

La plateforme Comunicare agrège les informations et collecte des données pour les analyser et les mettre à disposition des équipes soignantes. L’entreprise travaille sur des modèles prédictifs ayant pour objectif de limiter des risques liés aux pathologies chroniques. « Notre solution digitale permet une meilleure responsabilisation des patients atteints de maladies chroniques. Notre plateforme leur fournit des outils pour faciliter la gestion de leur pathologie tout en améliorant la communication entre le patient et son équipe médicale » expose Brice Van Eeckhout, Managing Director de Comunicare. Mieux informer les patients sur leurs pathologies et leur traitement, mesurer le suivi de la médication du patient ainsi que l’évolution de ses signes et symptômes : autant de services rendus possibles grâce à l’IA. Dont le prochain défi est la prévention de risques.

La jeune pousse y travaille, notamment pour développer des modèles prédictifs liés à la pathologie et aux risqués liés à cette pathologie. Elle vient de réaliser un premier modèle chez les patients atteints de BPCO (bronchopneumopathie chronique obstructive), une maladie respiratoire chronique. Pour cela, Comunicare s’est basée sur des données récoltées auprès des patients pour déterminer par exemple, le risque de réhospitalisation ou d’aggravation dans la BPCO. Ce système pourra ainsi informer le patient comme le médecin, dans l’hypothèse d’une évolution inquiétante. Si le patient utilise l’appli Comunicare, l’équipe soignante peut de son côté, suivre ces informations sur un tableau de bord personnalisé.

La plateforme de e-santé, qui vient d’être certifiée en France, vise par ailleurs à s’inscrire dans un schéma de remboursement pour que l’application soit remboursée au patient. « En France, on a rejoint un programme de remboursement qui permet le remboursement de notre outil dans le cadre de la télésurveillance de 3 pathologies : insuffisance cardiaque, insuffisance respiratoire et le diabète » annonce Brice Van Eeckhout.

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