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24 octobre 2022

Beyond Green, la startup qui veut faciliter la conversion biologique des exploitations

Si, en temps normal, de plus en plus de Français souscrivent chaque année au bio pour ses aspects éthiques et son impact sanitaire, l’agriculture française reste très majoritairement conventionnelle. Et pour cause, la conversion est un parcours du combattant pour les agriculteurs français. Mais c’était sans compter sur Beyond Green qui lève le frein à la revalorisation des produits issus des exploitations en transition.

Avec 13,3 milliards d’euros de chiffre d’affaires en 2021 et un secteur qui a plus que doublé de volume en 5 ans, le marché des produits biologiques est dynamique en France. En 2021, plus de 9 Français sur 10 ont déclaré consommer des produits bio et 15 % le faisaient quotidiennement contre 13 % l’année précédente. Même si les consommateurs s’en détournent ces dernières semaines en raison de l’inflation et de la baisse du pouvoir d’achat, la démocratisation des produits bio est réelle.

Plus de Français convertis que de parcelles

Selon le ministère de l’Agriculture, le cap des 10 % de parcelles cultivées en bio n’a été franchi qu’en 2021 et 31,9 % du bio consommé par les Français reste importé. Et pour cause, pour Maxime Durand, cofondateur de Beyond Green, passer au durable relèverait du véritable parcours de combattant : « pendant 3 ans, les agriculteurs cultivent selon le référentiel AB sans pouvoir se prévaloir et valoriser leur production au juste prix. 5.000 se lancent chaque année, mais entre les nouvelles compétences à acquérir, les charges et les investissements qui augmentent et un rendement en baisse vendu au prix du conventionnel, beaucoup abandonnent en cours de route ».

Revaloriser les récoltes intermédiaires

Partant de ce postulat et bien déterminés à faciliter les agriculteurs dans leur passage à la bio en permettant aux Français d’être proactifs dans la transition agricole du pays, deux jeunes lillois Stéphane Delbassé et Maxime Durand se lancent dans l’aventure entrepreneuriale, en 2018, avec Beyond Green.

L’idée ? Acheter au juste prix les produits de ces agriculteurs en conversion, en moyenne 60 % au-dessus du prix conventionnel et ainsi leur permettre de passer cette période sans frein financier. Pour ce faire, Beyond Green commercialise des jus, des veloutés ou des farines, en circuit bio sous la marque PourDemain (anciennement BioDemain) – qui cible des convaincus-, et en grande distribution sous la marque Transition, pour sensibiliser la masse. La communication aiguisée de Beyond Green sur la traçabilité des produits et les résultats tangibles de la démarche auxquels viennent s’ajouter des prix 5 à 10 % inférieurs au prix du bio français, sont autant de leviers qui donnent au client le sentiment de contribuer simplement à la transition agricole française.

Une volonté de devenir incontournable malgré l’inflation

À date, et 4 ans après les débuts de Beyond Green, 450 magasins bio spécialisés distribuent PourDemain. Transition a, quant à elle, trouvé sa place dans les allées de plus 1.400 grandes et moyennes surfaces. Avec un tel développement commercial, la revalorisation porte ses fruits. En 2021, 150 agriculteurs ont été accompagnés et près de 250 hectares de terres agricoles ont été converties au bio. Des chiffres qui devraient être multipliés par 3 d’ici la fin de l’année 2022. Les perspectives de croissances sont grandes, quand on sait que la France compte 40.000 grandes et moyennes surfaces sur son territoire.

Pour les capter mais aussi pour élargir leurs gammes et développer Beyond Green à l’international – à commencer par le Benelux -, Stéphane Delbassé et Maxime Durand peuvent compter sur leurs actionnaires historiques à l’instar de Makesense ou Nord France Amorçage mais aussi – et surtout – sur les citoyens qu’ils sollicitent actuellement via Lita.co.

Aux potentiels investisseurs frileux en raison de l’inflation et du désamour momentané pour le bio, Maxime Durand tient à rappeler que : « Même si le contexte inflationniste impacte négativement les ventes, le sens de l’histoire ne s’inversera pas, le nécessité de prendre le virage de l’agriculture biologique est vitale ».