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21 novembre 2022
Photographie : Karine Le Ouay.

Fairmat lève 34 millions d’euros pour étendre son procédé de recyclage

Pour donner une seconde vie aux matériaux avancés, résistants à la chaleur et aux produits chimiques, Fairmat a mis au point un nouveau procédé de recyclage. La société veut désormais monter en puissance et ouvrir des sites industriels satellites, notamment aux États-Unis.

Les technologies de recyclage traditionnelles reposent sur deux concepts. Le premier permet de faire fondre la matière grâce à la chaleur. Le second utilise des produits chimiques pour dissoudre les matériaux. Mais ces procédés rendent impossible le traitement des matériaux avancés, trop résistants. Afin de donner une seconde vie aux matières comme la fibre de carbone, Fairmat a mis au point une technologie capable de couper ces matériaux en petites briques, grâce à des robots intelligents : « Ces petits morceaux peuvent ensuite permettre de créer des raquettes, des semelles pour chaussures de sport mais également du mobilier ou des biens électroniques », souligne Benjamin Saada, le dirigeant de Fairmat, qui a également mis au point une technologie permettant de rassembler ces briques pour en faire de nouveaux supports.

La société, qui avait levé 8,6 millions d’euros en septembre 2021 pour développer sa technologie et faire la preuve du concept, annonce un deuxième tour de table de 34 millions d’euros. Un second round co-dirigé par le fonds d’investissement de Singapour, Temasek et le groupe belge Compagnie Nationale à Portefeuille (CNP), avec la participation du fonds Singular, déjà présent lors du tour d’amorçage, de la société suisse Pictet Group, gestionnaires de fortune et d’actifs, et de la branche d’investissement londonienne du consortium américain d’entreprises automobiles et hôtelières, The Friedkin Group International.

De 200 à 3.000 tonnes par an

Grâce à cette nouvelle levée de fonds, la société veut monter en puissance. « Aujourd’hui, notre usine basée à Nantes peut produire 200 tonnes de matériaux par an et l’idée est de passer à 3.000 tonnes », souligne Benjamin Saada, qui emploie 80 salariés et prévoit de doubler ses effectifs, « dès que possible ». À terme, son usine devrait employer 400 personnes.

L’entreprise collecte aujourd’hui les fibres de carbone de l’industrie aéronautique, de l’éolien et voit un troisième secteur émerger : l’industrie hydrogène. « Nous travaillons actuellement avec une trentaine d’acteurs, partout en Europe, tels que Dassault ou Hexcel, qui est le leader de la fabrication de fibre de carbone. Au total, nous collectons 35 % des déchets de fibre carbone à l’échelle du continent », assure le dirigeant.

Les États-Unis et l’Europe en ligne de mire

Une fois traitée, la matière est revendue aux marchés des sports et loisirs, du mobilier ou des biens électroniques. « Nous cherchons également à nous développer dans le domaine de l’énergie. Notre matière recyclée peut remplacer des assemblages métal-plastique ou des pièces en aluminium. Le champ d’applications est très large », indique Benjamin Saada.

Pour se développer, la société envisage également d’accélérer à l’international. Avec les États-Unis et l’Europe en ligne de mire. « Nous avons déjà un bureau en Espagne et un second est en cours de création en Allemagne. L’objectif est d’ouvrir des sites industriels satellites, c’est ce que nous prévoyons de faire aux Etats-Unis d’ici 2024 ». Fairmat s’est fixé pour objectif de mettre fin à l’enfouissement de la fibre carbone, dont les gisements sont principalement en Europe, aux États-Unis et en Asie.