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7 décembre 2022

IRIS (ex-Iris Capital) lève un nouveau fonds de 150 millions d’euros pour les entreprises technologiques

Agé de 37 ans, le fonds IRIS (ex- Iris Capital) compte six licornes en portefeuille, et continue à investir dans les entreprises européennes de la tech. IRIS annonce la levée d’un nouveau fonds de 150 millions d’euros pour financer 15 à 25 projets.

Après 37 ans d’existence, le fonds IRIS continue de se concentrer sur le développement de plateformes technologiques, de logiciels et de fintech, en poursuivant ses investissements. « L’idée pour nous est d’identifier les projets qui transforment véritablement le marché, on cherche des technologies disruptives », souligne Julien-David Nitlech, managing partner, aux côtés de Curt Gunsenheimer et Erik de la Rivière.

Pour accompagner de nouveaux entrepreneurs, IRIS vient de lever 150 millions d’euros pour créer Iris Venture IV. Un fonds soutenu par ses investisseurs historiques que sont Orange, Publicis et Bpifrance, aux côtés de family offices européens, d’entrepreneurs de la tech et de fondateurs de sociétés en portefeuille comme Fred Potter, fondateur de Netatmo ou Yannis Yahiaoui, cofondateur de Adot.

Se concentrer sur les marchés français et allemand

Ce nouveau fonds devrait financer le développement de 15 à 25 sociétés en seed et en série A grâce à des tickets allant de 1 à 8 millions d’euros. « L’objectif est de soutenir des sociétés qui ont déjà commencé le développement de leur produit et qui commencent à avoir des interactions avec leurs cibles », précise le managing partner.

Les investisseurs d’IRIS souhaitent également se concentrer sur les marchés français et allemand. « Nous avons une ADN franco-allemande et la conviction que ces bassins sont très riches et complémentaires », estime Julien-David Nitlech, basé à Paris, qui opère notamment aux côtés de Curt Gunsenheimer, installé à Berlin. Le fonds, qui emploie 20 salariés, accompagne aujourd’hui 45 sociétés et gère 800 millions d’euros. Parmi elles, 40 % sont françaises et autant sont allemandes. Les autres sont basées en Asie, au Moyen-Orient et aux Etats-Unis. « Ce sont des marchés très concurrentiels, où il peut être compliqué de se faire une place. Alors qu’en France et en Allemagne, nous faisons de très belles performances », précise Julien-David Nitlech.

Par le passé, IRIS a en effet contribué à l’émergence de six sociétés tech ambitieuses. Parmi elles, Netatmo, créée en France, développe des objets connectés pour la maison. La plateforme d’intelligence artificielle française, Shift Technology, détecte quant à elle les déclarations de sinistres frauduleuses pour les assureurs, et Exotec, une société de robotique, est présentée comme la première licorne industrielle française.

« Tout le marché de l’equity est en train de se réformer »

Mais les investisseurs restent prudents. « Ces dix dernières années, on a vu chaque jour un peu plus d’innovations que la veille, avec l’émergence de nombreuses licornes. Fin 2019, beaucoup de gens pensaient que le marché commençait à montrer des signes d’affaiblissement. Mais le Covid a généré une quantité d’investissements jamais vus auparavant, ce qui a engendré une valorisation astronomique de certaines sociétés », contextualise Julien-David Nitlech. Ces derniers mois, de nombreux acteurs de la finance ont toutefois disparu, en lien avec la hausse des taux de crédit et l’inflation record. « Tout le marché de l’equity est en train de se réformer, estime l’investisseur. Les financements des sociétés en croissance ont fortement ralenti, nous sommes dans une période d’ajustement. »