Portfolio par Maxime Dewilder
24 février 2023
24 février 2023
Temps de lecture : 3 minutes
3 min
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Avec la thérapie miroir, Dessintey à la conquête du monde

Avec sa technologie de thérapie miroir pour que les patients retrouvent rapidement l’usage de leurs membres paralysés, Dessintey révolutionne le secteur de la rééducation. Le dispositif s’exporte de plus en plus, la petite startup pourrait devenir une référence mondiale.
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La thérapie miroir a un niveau de preuves très bon ", affiche d'entrée l’ingénieur et cofondateur de Dessintey, Nicolas Fournier. Traduction : " tout le monde sait que c’est efficace ". Le professeur Pascal Giraux, chef du service de rééducation du CHU de Saint-Etienne, planche même sur le sujet depuis plus de 20 ans. Malheureusement, cela ne suffit pas pour que ce dispositif soit utilisé sur le terrain… jusqu’à la rencontre du professeur avec Davy Luneau, l’autre fondateur, puis avec Nicolas Fournier.

Les trois hommes s’associent pour fonder Dessintey en 2017. Le principe de la thérapie miroir est le suivant : transmettre au cerveau l’idée qu’un membre paralysé bouge. Par exemple, si un patient, à la suite d’un accident vasculaire cérébral (AVC), perd l’usage de son bras droit, le dispositif de Dessintey consiste à faire bouger le bras sain, ici le bras gauche, à capturer les images, à les inverser puis à projeter les images via un écran au-dessus du bras paralysé. " Voir le bras paralysé bouger est motivant pour le patient, explique Nicolas Fournier, et du point de vue physiologique, on stimule le cerveau quasiment de la même manière que si le bras était effectivement en train de bouger ".

Accompagné d’algorithmes pointus intégrés au mécanisme, chaque patient dispose d’une rééducation particulière pour retrouver le plus vite possible l’usage de son membre. Précision : si les deux bras sont paralysés, ceux du thérapeute sont utilisés à la place. Pour les membres supérieurs, le dispositif s’appelle IVS3 (Intensive Visual Stimulation, Stimulation Visuelle Intensive, ndlr). Depuis peu, la même technologie est développée par Dessintey pour les jambes sous le nom IVS4.

De startup à mastodonte

Plus de 180 dispositifs IVS3 sont déjà présents dans des établissements de santé en France et en Europe mais aussi aux Etats-Unis ou en Corée du Sud. Pour la première fois, l’IVS4 vient même de s’exporter, en Allemagne. Les produits Dessintey coûtent 45 à 60.000 euros pour l’établissement et sont pris en charge par la sécurité sociale pour le patient, du moins en France. Concernant le marché, il est plus que favorable car l’entreprise n’a pas de concurrence directe à travers le monde.

Résultat : une croissance de +75% en 2022 pour un chiffre d’affaires de 4 millions d’euros et l’objectif, d’ici cinq ans, de le multiplier par cinq.

Pour cela, l’usine d’assemblage de cette technologie, basée à Saint-Etienne, va faire peau neuve. " On a triplé la taille de notre production au mois de mai 2022 et on va encore la tripler dans les deux ans qui viennent en réaménageant le bâtiment dans lequel nous nous trouvons ", détaille le cofondateur de Dessintey. Les équipes vont aussi s’agrandir pour renforcer la production, la maintenance mais aussi et surtout les pôles commercial et recherche et développement.

Nous étions une startup, maintenant nous avons de grosses ambitions ", affirme Nicolas Fournier. La technologie Dessintey est reconnue dans le monde entier, comme en témoigne l’accès au marché de la santé allemand qui est par nature " très exigeant " mais aussi la nomination parmi les finalistes, en 2022, au prestigieux prix Galien, " un peu l’équivalent du prix Nobel de la santé pour les entreprises ".

La startup a enfin gagné le prix Innovation SOFMER 2016 (Société française de médecine physique et de réadaptation) et le prix " Coup de cœur du Jury " des Victoires de l’Innovation 2017. Tous les ingrédients sont réunis pour faire de la startup un géant.