Décryptage par MADDYNESS AVEC L'AMBASSADE DU ROYAUME-UNI EN FRANCE
écrit le 12 décembre 2023, MÀJ le 22 décembre 2023
12 décembre 2023
Temps de lecture : 7 minutes
7 min
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Comment s'en sortent les licornes britanniques en 2023 ?

Après les Etats-Unis et la Chine, le Royaume-Uni est le troisième pays au monde où l’on trouve le plus de licornes. Comment les acteurs historiques et les derniers arrivés dans le paysage des startups apprivoisent-ils le marché actuel ?
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Le marché des startups britannique se rapproche d’une valorisation totale de 1 000 milliards de dollars. Encore aujourd’hui, il est un des centres névralgiques mondial dans la création et développement de licornes, précédé seulement par Etats-Unis et la Chine.

Au cours des dernières décennies, nombre de nouvelles entreprises sont venues s’ajouter aux licornes qui existaient déjà au Royaume-Uni. Leur nombre total serait même supérieur à 140 à l’heure où nous écrivons ces lignes, selon l’estimation de Dealroom, contre 71 en Allemagne et 49 en France. Ces licornes s’inscrivent en majorité dans le domaine de la Fintech, mais les secteurs de l’IA, de l’énergie et des biotechnologies sont de plus en plus représentés.

Les entreprises britanniques ont depuis longtemps démontré leur capacité à être compétitives à l’échelle du continent européen aussi bien que sur la scène mondiale. Le pays est donc reconnu comme un centre de solutions internationales et innovantes.

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Zoom sur sept membres notables du club des licornes britanniques, et analyse des secteurs qui présentent le plus de potentiel de développement pour de nouvelles licornes au cours de l’année à venir.

Licornes au Royaume-Uni : zoom sur sept des meilleures performances de 2023

Arm Holdings

Le fabricant de semi-conducteurs de Cambridge est à l’origine d’une des entrées en bourse les plus réussies de l’année. L’entreprise a fait ses débuts à la Bourse de New York avec une valorisation à 54,5 milliards de dollars, et a depuis largement consolidé ce départ prometteur avec des actions à 62,45 $. En 2023 plus que jamais, les puces valent leur pesant d’or. D’après de nombreux observateurs, Arm serait désormais l’entreprise la plus prospère du pays dans le secteur de la technologie grâce à un vaste portefeuille de clients qui utilisent ses semi-conducteurs, parmi lesquels Samsung, Google et Apple.

Octopus Energy

Le fournisseur britannique d’énergie renouvelable a continué à grimper dans un marché pourtant bousculé au cours des dernières années par la disparition de plusieurs de ses concurrents. La consolidation du marché a certainement joué en sa faveur : cette année, Octopus a fait l’acquisition de Shell Energy, et le groupe est désormais le deuxième plus grand fournisseur d’énergie au Royaume-Uni. L’entreprise a également annoncé son intention d’investir un milliard d’euros dans le marché des énergies renouvelables en France, afin d’accélérer la transition énergétique du pays.

Quantexa

La startup spécialisée dans le big data est l'un des nouveaux membres du club des licornes britanniques, qu’elle a rejoint en 2023 en étant la première startup de l’année à atteindre la barre du milliard de dollars. Quantexa fournit des services d’IA et d'analyse de données aux secteurs de la banque et de l'assurance, et se spécialise dans la prévention des fraudes et de la criminalité financière. Son dernier cycle de financement a été soutenu par le GIC (le fonds souverain de Singapour), ainsi que par des sociétés de capital-risque et par certains de ses clients dans le secteur des services financiers (HSBC, BNY Mellon…).

Starling

La néobanque continue de devancer ses rivales Revolut et Monzo, et ambitionne de devenir le premier fournisseur de services bancaires numériques au Royaume-Uni. Starling a déjà enregistré des bénéfices six fois supérieurs à ceux de l’exercice précédent. En mai dernier, Anne Boden, la PDG et fondatrice du groupe, a annoncé qu'elle quittait son poste pour rejoindre le conseil d'administration, laissant John Mountain, directeur de l'exploitation, assurer l'intérim.

Synthesia

Nouvelle venue dans le club des licornes britanniques, Synthesia est une plateforme de génération de médias synthétiques, qui développe des logiciels de création de contenus vidéo générés par l'IA (ou des "deep fakes"). Vous vous souvenez peut-être de la campagne publicitaire dans laquelle David Beckham parlait couramment neuf langues ? Celle-ci illustrait la facilité et la fluidité avec lesquelles Synthesia permet à ses utilisateurs d'éditer et de traduire des vidéos. Fondée en 2017, Synthesia a été soutenue par des entreprises telles que Seedcamp, Kleiner Perkins et GV, avant de lever 90 millions de dollars en juin auprès d'Accel et de Nvidia, ce qui l'a amenée à une valorisation d’un milliard de dollars.

Zyber365

La plus jeune des licornes britanniques est un système d'exploitation cyber-sécurisé qui s'appuie sur la technologie Web3. Son siège se trouve à Londres, mais elle opère principalement depuis l'Inde, ce qui représente peut-être un effort commun de la part des licornes des deux pays pour travailler ensemble. Ce n’est pas tout : Zyber n'a été fondée qu'en mai 2023, et a atteint une valorisation de 1,2 milliard de dollars dès août. Elle est donc une des entreprises qui a atteint le statut de licorne le plus rapidement.

Multiverse

La première licorne EdTech du Royaume-Uni a poursuivi ses efforts pour transformer les opportunités d’apprentissage à l’échelle mondiale. Dirigée par Euan Blair, Multiverse a agrandi son siège de Londres tout en réalisant sa première acquisition – la plateforme d’EdTech danoise Eduflow – pour un montant qui n’a pas été dévoilé.

D’où pourraient venir les prochaines licornes britanniques ?

Malgré les incertitudes, le Royaume-Uni reste l’un des pays les mieux placés en Europe, voire même dans le monde, pour développer une entreprise jusqu’à ce qu’elle atteigne la valorisation d’un milliard de dollars. Dans ce contexte, quels secteurs sont les plus susceptible d’accoucher des prochaines licornes du pays ?

L’Intelligence Artificielle est incontestablement un secteur-clé dans la création de licornes. L’IA est déjà un sujet majeur pour le gouvernement britannique : le sommet international organisé en novembre près de Londres visait à positionner le Royaume-Uni à la fois comme une superpuissance mondiale de l’IA, et comme une plaque tournante pour l’activité du secteur. De multiples entreprises voudront tirer parti de ce succès. On sait déjà que Wayve, l’entreprise de voitures sans conducteurs alimentées par l’IA, est considérée depuis longtemps comme une licorne en devenir. Il y a également Gensyn AI, un protocole décentralisé de calcul dans l’apprentissage automatique, soutenue en début d’année par a16z. Il y a enfin InstaDeep, qui fournit des systèmes de prise de décision alimentés par l’IA pour des espaces complexes.

L'informatique quantique est un autre secteur à surveiller, lui aussi soutenu par le gouvernement britannique qui a investi dans des superordinateurs à Édimbourg et à Bristol (d'autres sont en cours de réalisation). Oxford Quantum Circuits est ainsi devenue une start-up de premier plan sur la scène quantique britannique, en tant que fournisseur de Quantum-as-a-Service. On remarque également Peptone, une autre start-up qui développe de nouvelles applications pour l'IA et l’informatique quantique dans le but de créer des médicaments et des thérapies pour les protéines désordonnées. Sa levée de fonds en série A s’est élevée à 40 millions de dollars l'année dernière.

Dans le sillage du succès d’Arm, le Royaume-Uni parie aussi sur le développement d’un autre leader du marché des semi-conducteurs pour fournir le secteur florissant de l’IA. Pragmatic Semiconductors, une entreprise installée près de Bristol, prétend actuellement à ce titre : déjà valorisée à 500 millions de livres, elle est en attente de nouveaux financements.

Enfin, la Fintech continuera de compter parmi les priorités du Royaume-Uni, et le secteur aura sans aucun doute un rôle à jouer dans la production de nouvelles licornes. Tide, la plateforme bancaire dédiée aux entrepreneurs, ou YuLife, un fournisseur d’assurance-vie pour les salariés, sont déjà surnommées « licornes » depuis un certain temps. Elles chercheront probablement à le devenir officiellement dès que le marché britannique pour les levées de fonds sera remis d’aplomb.

Les ambitions du Premier ministre britannique, Rishi Sunak, sont claires en ce qui concerne le marché britannique des sciences et des technologies : il a même appelé son programme le « Unicorn Kingdom » (ndlr : un jeu de mot entre United Kingdom et Unicorn, le nom anglais des licornes). Avec de nouveaux investissements dans les secteurs établis et une augmentation des aides pour les technologies émergentes, le Royaume-Uni a bel et bien l’intention de conserver sa couronne de capitale de la licorne en Europe.

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