« L’IA ne devrait pas être réservée à une élite technologique. Elle doit servir les millions de personnes trop occupées à décrocher leur téléphone pour passer leur journée sur des tableaux de bord », estime Maxime Germain, le co-fondateur et CEO de la startup française Beside, co-fondateur également de la startup Jour, une application de santé mentale revendue 20 millions de dollars à l’assureur santé numérique Alan en 2021, pour qui il avait travaillé.

Quelques mois plus tard, Maxime Germain mettait au point une intelligence artificielle capable de gérer les appels et SMS des artisans, coordinateurs et chefs d'entreprise pour réserver des prestations, assurer le suivi des clients, des emails ou organiser des réunions. C’est d’ailleurs lors de son expérience chez Alan qu’il a commencé à explorer comment les grands modèles de langage pouvaient améliorer les interactions entre thérapeutes et patients. Une idée qui est rapidement devenue le socle de Beside et l’a relancé dans l’entrepreneuriat, aux côtés de Bobby Giangeruso, Aymeric Beaumet, Justin Bureau et Hélène Blonz, tous déjà présents à ses côtés chez Jour. 

« Capturer l’ensemble du contexte conversationnel »

Aujourd’hui, la startup de 30 salariés annonce une levée de fonds de 32 millions de dollars, avec une série A menée par EQT Ventures et un tour d’amorçage conduit par Index Ventures, ainsi que de investissements de business angels, dont Stewart Butterfield, fondateur de Slack, Clément Delangue, fondateur d'Hugging Face et Jean-Charles Samuelian-Werve, fondateur d'Alan. Un tour de table qui devrait lui permettre de continuer à développer son outil en accélérant la R&D afin de « réinventer la communication professionnelle à l’ère de l’IA. » Car Beside a pour ambition de capturer l’ensemble du contexte conversationnel — appels, réunions, emails, CRMs — afin de devenir un véritable partenaire de travail parfaitement informé et capable d’aider des millions de personnes à multiplier leur productivité et revenus. Pour l'instant, bien que française, la startup opère uniquement aux États-Unis. 

« Un plombier et un avocat exercent des métiers très différents, mais partagent les mêmes besoins : ne rien laisser passer, assurer un suivi rapide et offrir une expérience client impeccable », estime le dirigeant, qui a déployé sa solution auprès de 100 millions d’Américains et de 20 000 clients payants. « La moitié des utilisateurs se connectent 14 fois par jour en moyenne, six jours par semaine », souligne la société, qui précise que « pour les utilisateurs, tout commence et se conclut au téléphone. Pourtant, ces conversations restent largement inaccessibles à l’intelligence artificielle.» 

Les entreprises ne répondent qu’à 40 % des appels entrants

Pour la startup, si « l’IA a bouleversé le travail de bureau » via une meilleure gestion des documents, des emails et des prises de notes automatiques lors des réunions, « tout reste à faire pour les millions d’Américains qui dirigent leur activité depuis un téléphone plutôt qu’un ordinateur. » Et le coût de cette inertie est important. Selon une étude américaine de 411 Locals, spécialisée dans le marketing digital, les entreprises ne répondent qu’à 40 % des appels entrants en moyenne, alors même que quatre appelants sur cinq qui tombent sur un répondeur ne rappellent jamais. « Chaque appel manqué ou message sans réponse, représente donc potentiellement une perte de chiffre d’affaires », souligne Beside. 

Pendant 18 mois, Beside a opéré en toute discrétion sous le nom M1, atteignant 4 millions de dollars de revenus récurrents annuels, avec une croissance moyenne de 30 % par mois au cours des six derniers mois. À plus long terme, l’entreprise envisage même de devenir un opérateur mobile complet. « Fournir des appels de haute qualité partout — dans un camion, sur un chantier, en ville — constitue un véritable défi technique », estime Maxime Germain. « En maîtrisant l’écosystème réglementaire et les complexités des opérateurs aux États-Unis, nous avons construit un modèle que nous pourrons reproduire à l’international, tout en respectant les exigences locales et en garantissant la même fiabilité et qualité. »