Pour une startup qui découvre pour la première fois la démesure du CES de Las Vegas, l’événement peut vite donner le vertige. Taille XXL de l’événement, culture business à l’américaine, visiteurs ciblés, tentations de Las Vegas… Sur quatre jours, adopter la bonne stratégie pour optimiser le rendement de son CES n’est pas forcément évident.
Alors pour donner des clés de réussite aux entrepreneurs qui sont du voyage dans le Nevada, Maddyness a demandé quelques conseils à John T. Kelley, le directeur du méga-salon américain, pour ne pas se retrouver submergé face au gigantisme et à l’effervescence de l’événement. Car avec une superficie qui représente plus d’une trentaine de terrains de football, il faut être mesure de forcer le destin ou de provoquer le coup de pouce qui fera la différence au moment de rentrer en France.
«Il faut venir au CES avec un plan»
Cela va de soi mais un rappel ne fait jamais de mal : il ne faut pas débarquer à Las Vegas en pensant que le rêve américain vous tend les bras. «Il faut venir au CES avec un plan, notamment pour avoir une idée assez précise du type de personnes que vous voulez rencontrer sur place. Nous avons plus de 140 000 personnes qui seront sur le salon : des médias, des investisseurs, des grands groupes… En fonction des gens que vous voulez rencontrer, il faut adapter son pitch pour expliquer rapidement votre produit, votre entreprise, votre technologie…», souligne John T. Kelley.
En effet, rôder son discours est déterminant pour séduire les contacts qui pourraient faire passer un nouveau cap à l’entreprise. «Ces interactions sont souvent très courtes et très rapides, donc il faut réfléchir à la meilleure approche. Mais en tout cas, il faut venir au CES avec un esprit ouvert. Par le passé, nous avons observé que beaucoup de gens viennent au CES avec une vision ou une idée pour leur produit et repartent avec une idée complètement différente», ajoute le dirigeant.
Observer les autres startups
Avoir un esprit ouvert signifie également s’inspirer de ce qu’il y a dans son environnement direct. En effet, les voisins de stand ont peut-être résolu des problématiques que vous rencontrez ou fait la différence avec une approche qui vous avait échappé jusque-là. «A l’Eureka Park, nous avons plus de 1 000 startups qui sont présentes. Quand vous exposez là-bas, vous pouvez apprendre de ces sociétés, notamment voir comment elles se présentent et ce qu'elles font. Vous pouvez trouver un concurrent, un partenaire… Il y a des opportunités juste en regardant les autres startups présentes à côté de vous», observe John T. Kelley.
«Le CES est un show très riche et varié. Nous avons 140 000 visiteurs et 40 % d'entre eux viennent de l’extérieur des États-Unis. Vous rencontrez des gens de partout dans le monde, avec des histoires et des backgrounds uniques et intéressants. Pensez à ces opportunités, car vous allez apprendre quelque chose de ces personnes», ajoute-t-il. Et pour s’offrir ces opportunités, tout ne se passe pas dans les allées de l’Eureka Park ou du Las Vegas Convention Center.
Les meilleurs contacts ne se trouvent pas toujours dans les allées du salon
Les suites du Venetian privatisées par des entreprises (et dans lesquelles se baladent de nombreux cadors de la tech américaine) et les innombrables «side events» constituent une bonne manière d’élargir son réseau au sein de la ville des excès. «Les entreprises apparaissent de nombreuses façons au CES. Beaucoup de choses se passent de manière non-traditionnelle, notamment lors de réceptions dans des restaurants. Parfois, des fêtes représentent une bonne aussi une bonne façon de se connecter», observe John T. Kelley. En effet, avec les différents concerts, spectacles et soirées dans les discothèques de Las Vegas, les participants du CES ont envie de décompresser après une longue journée dans les halls d’exposition. L’informel mène parfois à de belles relations professionnelles.
Cependant, les professionnels qui «scannent» les startups dans les allées peuvent rapidement se rabattre sur un concurrent si le lien tissé durant le salon n’est pas suffisamment entretenu. Attention donc à assurer le service après-vente une fois le CES terminé. «Si vous êtes une startup, vous allez rencontrez beaucoup de gens au CES. En moyenne, il y a 29 rendez-vous durant le salon. C'est beaucoup ! Il faut donc se demander comment le suivi va être assuré et quelle est la meilleure stratégie pour que suivi soit concluant. Il faut se donner les moyens de pouvoir poursuivre la conversation après le CES. C'est aussi très important», souligne John T. Kelley.
Parler à des personnes qui ont déjà participé au CES
Pour aborder le méga-salon américain dans les meilleures conditions, le plus simple reste encore de demander quelques astuces à ceux qui l’ont déjà vécu. «J’adore rencontrer les startups et entendre leur histoire. C'est intéressant de parler à des entreprises qui sont déjà allées au CES et de voir comment elles ont transformé leur venue à Las Vegas en succès. Mais c’est aussi super de rencontrer des startups qui n'y sont encore jamais allées et de pouvoir leur expliquer comment ça se passe et leur donner des conseils pour réussir leur CES», se réjouit John T. Kelley.
Rendez-vous donc vendredi soir pour chaque startup présente afin de faire le bilan et déterminer si ce cru 2026 aura été une réussite ou s’il faudra retenter sa chance l’an prochain pour faire mieux. Comme on dit aux États-Unis : soit on réussit, soit on apprend !