Cementic amorce une nouvelle phase de son développement. Fondée en 2021 par le docteur Samir Raddi, la deeptech française, spécialisée dans les biomatériaux dentaires, vient de boucler un tour de table Seed de 4 millions d’euros, mené par le club privé d’investissement, Blast, le club d'investissement d'Anthony Bourbon. De nombreux chirurgiens-dentistes ont également participé à ce nouveau financement, qui doit permettre à la jeune pousse de transformer ses travaux de laboratoire en une solution concrète et utilisable. 

Avec cette première levée de fonds, la startup prévoit donc de lancer ses premiers essais en France dès cette année, au sein de plusieurs cliniques dentaires partenaires. Ils permettront de tester la solution directement en cabinet auprès des patients et dans des conditions réelles de soins. 

Une solution pour éviter les infections dentaires après un soin

Concrètement, Cemantic travaille sur un matériau de comblement dentaire utilisé à la fin du processus d’une dévitalisation. « La dévitalisation est un acte extrêmement courant, avec un taux d’échec réel encore trop important, comme le rapporte la Haute Autorité de santé », explique le Dr Samir Raddi, cofondateur et dirigeant de Cementic.  Dans certains cas, des infections persistantes après le premier soin, obligent les patients à subir une reprise de traitement. Ces complications peuvent entraîner des douleurs, des inflammations, voire conduire à l’extraction de la dent. La solution développée par Cementic vise à limiter ces situations et à réduire le recours à des soins supplémentaires. 

Selon Cementic, les tests réalisés en laboratoire montrent que ce matériau permet d’éliminer 99,99 % des bactéries résistantes encore présentes après le traitement. Cette approche pourrait aussi réduire l’utilisation d’antibiotiques après les soins, souvent prescrits en cas de risque d’infection. 

Une commercialisation en plusieurs étapes

Les recherches de Cementic ont été menées entre la France, notamment à Paris-Saclay, et les États-Unis, dans la Silicon Valley. Cette collaboration internationale a permis de développer une technologie protégée par deux brevets. 

La startup prévoit une arrivée sur le marché américain d’ici six mois. Pour l’Europe, la mise sur le marché est envisagée dans un délai de 18 à 24 mois, le temps d’obtenir les autorisations nécessaires. À plus long terme, la deeptech étudie aussi l’utilisation de cette technologie dans d’autres domaines médicaux, comme les os ou les yeux. 

La participation de Blast. et de professionnels du secteur dentaire devrait faciliter les partenariats cliniques et industriels, indispensables pour intégrer cette nouvelle solution dans la pratique quotidienne des dentistes.