« Tenez bon ! » est venu lancer Emmanuel Macron aux entrepreneurs français ce mardi soir au Forum économique mondial de Davos, en Suisse, au sein de la maison Capgemini, seule entreprise du CAC40 présente sur la Promenade. « Redoublez d’énergie et ayez l’esprit de conquête, le gouvernement est de votre côté ».
Autour du Président de la République, de nombreux dirigeants de grandes entreprises, de Patrick Pouyanné de Total Énergies, à Pascal Daloz de Dassault Systèmes, mais aussi une dizaine d’entrepreneurs, triés sur le volet et invités par Business France. Tous l’ont attendu pendant presqu’une heure, mais après une longue journée d’entretiens bilatéraux à fort enjeu géopolitique et son adresse spéciale de l’après-midi, le président de la République a fini par arriver, toujours lunettes sur le nez, et a délivré quelques paroles de soutien, avant de repartir pour Paris pour la fin de soirée.
Un épisode anecdotique. Mais ce que retiennent ceux qui découvrent le Forum économique mondial pour la première fois, c’est la densité des rencontres. « J’ai gagné des semaines et des semaines en rencontrant la même journée un fournisseur chinois que je chassais depuis longtemps, un potentiel investisseur français, j’ai été assis près d’Emmanuel Macron et Maurice Levy lors d’une inauguration et j’ai ensuite discuté une heure avec Yann Le Cun. Tout ça est inimaginable en temps normal » confie un de ceux-là. « J’attends de voir si cela peut se concrétiser, mais le contact est d’ores et déja établi ».
L’agenda géopolitique dominant
Malgré l’enthousiasme palpable, la perplexité et l’incertitude s’invitent dans de nombreuses discussions. Ce mercredi, le passage de Donald Trump, venu exposer sa vision du monde, concentre toutes les attentions. L’arrivée de la délégation américaine rebat les cartes, bouscule les agendas et pèse sur les échanges.
« La venue du président américain modifie profondément les discussions, sauf peut-être du côté des ONG. Beaucoup de dirigeants préfèrent rester prudents, voire neutres », observe Thomas Serval, CEO de Baracuda, spécialiste des objets connectés. Les tensions diplomatiques récentes, notamment autour du Groenland, installent un climat de méfiance entre Européens et Américains, avec des projets d’investissement déjà fragilisés.
Au milieu des grandes questions internationales, l’imbroglio politique et budgétaire français n’est pas oublié, mais ne semble pas inquiéter. Les entreprises françaises présentes à Davos, grandes comme petites, ont déja généralement toutes un accès à l’international. « Si l’économie française restent un peu dans la galère un an ou ou deux, ce n’est pas trop impactant pour nous » avoue un intéressé. Yann Le Cun, lui, affirme au contraire que c’est l’écosystème tech et le vivier de talents qui l’a incité à monter sa prochaine boite à Paris. Plus d’informations devraient suivre le concernant dès le mois de février.
A la conquête de marchés difficiles d’accès
Quatre journées de rencontres pendant lesquelles les participants doivent voir plus loin que leur horizon habituel. « Nos entreprises vont naturellement vers le marché américain, mais d’autres marchés sont aussi tres profonds, en Inde, Moyen orient et il faut renforcer les collaborations avec ces pays et notre rôle est de les aider à leur faire rencontrer les bons interlocuteurs » explique Julie Huguet, directrice de la mission French Tech.
Avec dans le viseur la préparation du prochain sommet sur l’IA à New Delhi le mois prochain et les annonces qui seront dévoilées sur place, notamment celles des quinze startups qui accompagneront la délégation France. Cela tombe bien, l’Inde a établi ses quartiers dans un majestueux batiment de quatre étages et plusieurs startups ont pu rencontrer des ministres. « Il y a un esprit Team France où on se file les contacts » confie un de ceux là.
À Davos, la French Tech avance vite, accumule les cartes de visite et les promesses. Reste à transformer l’effervescence en résultats concrets, une fois redescendue de la montagne.