Avant d’être entrepreneur, Charles Guirriec était ingénieur. « J’ai commencé ma carrière dans le domaine de la pêche. Et j’ai rapidement compris que les pêcheurs ne maîtrisaient ni la nature de leurs produits, ni leurs prix de vente. Car tout se vend essentiellement aux enchères avec des variations très fortes », raconte-t-il. A contrario, les pêcheurs vendant leurs poissons en direct ont beaucoup plus de visibilité sur leurs revenus.
C’est de ce constat qu’est parti Charles Guirriec pour lancer Poiscaille, en 2014. L’idée : proposer des paniers de poissons frais en ligne, en direct des pêcheurs, livrés partout en France. « Je me suis rendu compte qu’en permettant aux pêcheurs de gagner plus, ils pêcheraient moins. Et que c’était la meilleure solution pour lutter contre la surpêche », précise l’entrepreneur, qui propose des abonnements et travaille avec 250 pêcheurs.
28 500 abonnés
Aujourd’hui, Poiscaille compte 28 500 abonnés qui commandent, en moyenne, deux paniers par mois parmi plusieurs tailles, avec différentes espèces. Ces derniers sont livrés dans des magasins bio, des épiceries fines ou même des caves à vin, partout en France. « Nous travaillons avec 1900 magasins partenaires », souligne Charles Guirriec, qui a réalisé 18 millions d’euros de chiffre d’affaires en 2025.
Un business qui a emballé les cinq investisseurs de « Qui veut être mon associé? », diffusé ce jeudi 22 janvier. Alice Lhabouz s’est associée à Anthony Bourbon afin d’investir 150 000 euros pour 5% des parts de la société de Charles Guirriec. Kelly Massol et Jean-Michel Karam se sont également réunis. Et finalement, Jonathan Anguelov a voulu rejoindre le premier duo. Un enthousiasme qui a incité le fondateur de Poiscaille à céder 10 % de ses parts pour 300 000 euros et à intégrer la totalité des investisseurs à son capital.
« Ça va nous apporter une diversité d’expériences. Ce sont des gens qui ont déjà fait passer des startups à l’échelle. Moi je ne suis pas un entrepreneur né et j’ai besoin de conseils », souligne Charles Guirriec, qui a déjà réalisé deux levées de fonds par le passé. Une première d’un million d’euros en 2019, pour installer un nouvel entrepôt en Ile de France et engager des investissements marketing et une seconde de 8 millions d’euros en 2022, pour structurer les équipes et investir dans un entrepôt plus important.
75 salariés
Mais à ce moment-là, Poiscaille a connu de grosses difficultés. « Nous avons beaucoup recruté mais notre chiffre d’affaires n’a pas suivi. La hausse des coûts de l’énergie, liée à la guerre en Ukraine, a fortement impacté nos coûts de production », détaille le fondateur, qui emploie 75 salariés et a décidé de lancer une campagne de communication pour informer ses abonnés de la situation et tenter d’en attirer de nouveaux. « Nous avons reçu un énorme soutien. En deux mois, notre chiffre d’affaires mensuel a augmenté de plus de 40 % », précise Charles Guirriec qui a, depuis, atteint la rentabilité.
Désormais Poiscaille veut renforcer sa trésorerie et proposer davantage de diversité sur son site, avec notamment des plats traiteurs. « On espère atteindre 50 000 abonnés en 2028 et on regarde ce qu'il se passe en Suisse et en Belgique, même si le marché français est déjà énorme. »