« 44 % des Français se sentent seuls. » C’est ce qu’a appris Astrid Beaufils, il y a trois ans. Après 10 ans de carrière dans la mode, des amis, une famille présente et un « téléphone croulant sous les notifications », l’entrepreneuse a ressenti ce que l’OMS qualifie « d’épidémie mondiale » : la solitude. « J’étais ultra connectée mais cette sur-connexion m’isolait terriblement », confie-t-elle. 

Pour rompre cette isolement, Astrid Beaufils a créé Dixner. L’idée : réunir 10 convives ayant des intérêts communs à l’occasion d’un dîner. « Chaque membre remplit un questionnaire en ligne d’une vingtaine de questions et un algorithme rassemble les profils qui matchent autour d’une table », souligne la fondatrice, qui précise que l’application s’adresse à tous : les extravertis, les timides, les célibataires, les couples… 

«  50 à 60 rencontres par semaine »

En deux ans, plus de 2000 brunchs, apéros, dîners ou dégustations de vins ont été organisés via la plateforme. « Aujourd’hui, on enregistre 50 à 60 rencontres par semaine », souligne l’entrepreneuse, qui propose des formules à 19 euros pour un apéro et jusqu’à 140 euros pour des expériences plus complètes. En trois ans, Dixner a par ailleurs lancé un système d’abonnement et s’est implanté dans différentes villes françaises de plus de 80 000 habitants. Entre 2024 et 2025, la société a ainsi fait passer son chiffre d’affaires de 250 000 à 500 000 euros. Et vise 1,5 millions d’euros en 2026. 

Des chiffres qui n’ont toutefois pas convaincu les membres du jury de l’émission « Qui veut être mon associé? », diffusé ce mercredi 4 février. Astrid Beaufils était venue chercher 100 000 euros pour 5 % de son capital afin « d’améliorer son produit et de financer son expansion, en recrutant notamment un commercial. » Une valorisation jugée excessive par certains investisseurs. Pour Marc Simoncini, le concept - qui demande beaucoup d’organisation et de gestion - semble par ailleurs « difficilement scalable. » 

Une valorisation à 3 millions d’euros

Dixner avait déjà réalisé une levée de fonds de 250 000 euros à ses débuts. Sa valorisation était alors d’1,7 million d’euros. Et, depuis l’émission, Astrid Beaufils a réalisé une nouvelle levée de fonds de 200 000 euros pour une valorisation à 3 millions d’euros. Dans le même temps, la société s’est implantée dans 24 nouvelles villes françaises et est désormais présente dans 50 villes.

« Les retours des investisseurs ont été motivants et leurs conseils, précieux », estime-t-elle. Ces derniers lui ont notamment conseillé d’attaquer le marché américain. Un objectif fixé dès 2027 pour l’entrepreneuse. « C’est un marché énorme, où les gens peuvent être très éloignés et très seuls », souligne la créatrice, qui cible également le marché asiatique à terme.

En parallèle, Astrid Beaufils envisage de se diversifier via une offre B to B. « On propose à des entreprises de matcher leurs employés, pour ne pas qu’ils se sentent seuls. Lorsqu’on arrive dans une entreprise, la première semaine est souvent décisive », souligne-t-elle. En 2027, l’entrepreneuse espère réaliser un chiffre d’affaires de 5 millions d’euros. Avant de franchir la barre des 10 millions en 2028, notamment grâce à son déploiement à l’international.