Au moment des incendies en Gironde, durant l’été 2022, Jessica Wydra a dû évacuer son logement en urgence, avec son fils de 4 ans. « 50 000 personnes ont dû fuir dans des centres d’accueil, rapidement saturés. A ce moment-là, se laver était un sacré défi », confie-t-elle. C’est à ce moment-là que l’entrepreneuse, passée par L’Oréal puis par Cdiscount, a eu l’idée de créer Nowa : un produit d’hygiène, pour « se laver quand on n’a pas d’eau. » 

En 2024, Jessica Wydra a mis au point un gel, sans eau potable, qui se veut être « une alternative aux lingettes. » « En France, 3 milliards de lingettes sont jetées chaque année », souligne celle qui a lancé la commercialisation de son produit début 2025. Et en quelques mois, « 9 000 flacons ont été vendus pour un chiffre d’affaires de 100 000 euros. » Aujourd’hui, Nowa est commercialisée en ligne, mais aussi en pharmacies ou dans des magasins spécialisés dans l’outdoor. « Nous travaillons avec 200 commerces partenaires », précise Jessica Wydra qui emploie deux salariés, épaulés par quelques free-lances. 

Pas de changement de nom au programme 

Sur le plateau de « Qui veut être mon associé », diffusé ce mercredi 4 février, Jessica Wydra a tenté de convaincre les investisseurs d’investir 100 000 euros contre 7 % du capital de sa société. L’objectif : « améliorer la notoriété de la marque et accélérer son développement commercial », souligne la fondatrice. Mais si Nowater ne contient pas d’eau potable, il contient « de l’eau de fruits », un coproduit de l’industrie agroalimentaire.

« L’idée est de ne pas puiser dans nos ressources pour un produit d’hygiène. L’eau potable est l’ingrédient numéro 1 dans l’industrie cosmétique », se défend la fondatrice. Pour les membres du jury, la promesse du « sans eau » n’est toutefois pas tenue. « Certains m’ont conseillé de changer de nom mais, pour le moment, ce n’est pas au programme. On m’a aussi souvent dit que c’était un point fort », souligne la fondatrice.

Alice Lhabouz a finalement accepté d’accompagner la fondatrice de Nowa mais pour 22,5 % du capital, après négociations. « Elle va m’aider stratégiquement et m’ouvrir son réseau. Ça va me permettre de gagner du temps et d’aller plus vite sur le développement commercial », estime Jessica Wydra. 

5 millions d’euros en 2029 

Grâce à cet accompagnement, Jessica Wydra espère rapidement recruter et élargir sa gamme. « Je travaille sur des flacons réutilisables et de nouveaux formats pour correspondre à différentes cibles et différents usages. Des volumes plus importants peuvent notamment être commercialisés en pharmacie, pour les personnes âgées. Pour les randonneurs, les petits formats sont privilégiés… » En parallèle, la fondatrice souhaite suivre les conseils des membres du jury et orienter son business vers le BtoB. « J’aimerais notamment être présente dans les salles de sport. Cela fait partie de mes cibles prioritaires », précise la fondatrice. 

D’ici la fin de l’année, Jessica Wydra espère être présente dans 500 points de vente. « Pour le moment, je souhaite me concentrer sur le marché français », souligne celle qui espère que l'entreprise réalisera 5 millions d’euros de chiffre d’affaires d’ici 2029.