En France, plus de 50 000 personnes sont victimes d'un arrêt cardiaque chaque année. Et sans prise en charge immédiate, plus de 92 % de ces arrêts cardiaques sont fatals. D’où l’impératif d’agir le plus rapidement possible pour augmenter les chances de survie de la personne touchée. C’est pourquoi Lifeaz a vu le jour il y a une décennie pour concevoir des défibrillateurs connectés à destination des particuliers, des entreprises et des lieux publics.

En ce début d’année, la société annonce un tour de table de 13 millions d’euros auprès de ses investisseurs historiques, dont Mutuelles Impact, le fonds de la Mutualité Française géré par XAnge en partenariat avec Impactivist. A cette occasion, BNP Paribas, Go Copital et Mirova (Natixis) font également leur entrée au capital. Auparavant, l’entreprise avait levé 4 millions d’euros en décembre 2021.

Faire grimper le taux de survie

Fondée en 2015 par Timothée Soubise, Johann Kalchman et Martial Itty, la startup a mis au point Clark, un défibrillateur automatique et connecté qui se présente sous la forme d'un boîtier léger (1,3 kg) et transportable. Celui-ci est disponible à la location ou à l’achat. L’appareil est conçu à Paris et fabriqué à Honfleur, en Normandie. A noter qu’un partenariat a été noué avec la Croix-Rouge française pour équiper plusieurs centaines de secouristes bénévoles de ce défibrillateur connecté Lifeaz dans leur sac à dos dans le cadre du dispositif Premiers Répondants.

En parallèle, la société propose une offre de formation (app, visio, formation physique…) pour que tout le monde puisse apprendre les gestes qui sauvent et savoir comment agir en cas d’urgence. En cas d’arrêt cardiaque, il est nécessaire de réagir très vite, dans les quatre premières minutes, car le taux de survie n’est que de 5 % en France. A Seattle, ville qui a inspiré le modèle de Lifeaz, le taux de survie à un arrêt cardiaque monte à 60%.

Une centaine de vies sauvées

Depuis sa création, la startup indique avoir installé plus de 25 000 défibrillateurs, qui ont permis de sauver une centaine de vies, allant d’un bébé de 11 mois à une femme de 96 ans. Plus de 55 000 personnes ont également été formées aux gestes qui sauvent. Une première décennie d’existence concluante, mais la société veut désormais passer la vitesse supérieure. «Notre vision est que demain, partout autour de vous, il y aura un défibrillateur à moins d'une minute et des personnes qui oseront intervenir et pourront sauver une vie. Que vous soyez chez vous, au restaurant, dans un hôtel, dans une salle de sport, dans un cabinet médical, ou dans votre entreprise», résume Johann Kalchman, co-fondateur et CEO de Lifeaz.

Ainsi, la société veut s’appuyer sur cette nouvelle levée de fonds pour produire davantage d’appareils afin d’améliorer son maillage dans l’Hexagone et au-delà. «Après plus de 100 vies sauvées, notre ambition est claire : démultiplier notre impact en sauvant 1 000 vies d’ici cinq ans, en France comme en Europe», indique le patron de Lifeaz, classé en 2017 parmi les innovateurs de moins de 35 les plus prometteurs par la prestigieuse revue du Massachussetts Institute of Technologies (MIT). Pour amorcer son développement sur le Vieux Continent, l’entreprise prévoit de recruter une vingtaine de salariés supplémentaires en 2026.