« Le tourisme représente 15% du bilan carbone français. S’il y a bien un moment où on se fait plaisir, c’est en vacances. On consomme alors deux fois plus qu’à la maison. »

Pour Léonard Grynfogel et ses deux associés, le tourisme est aujourd’hui encore un secteur où « on a du mal à moins consommer. » Alors, pour inciter les touristes à adopter des gestes éco-responsables, les trois entrepreneurs ont créé Luniwave.

L’idée : récompenser les bonnes actions comme le fait de ne pas changer de draps tous les jours à l’hôtel, limiter sa consommation d'eau ou baisser son chauffage de deux degrés. « Grâce à notre application disponible via un QR code dans les chambres d’hôtels, les clients vont cumuler des points, qui leur permettent ensuite d’avoir un petit déjeuner gratuit, une coupe de champagne offerte ou des réductions dans les lieux touristiques », précise Léonard Grynfogel.

Les clients des hôtels peuvent également décider de faire un « don » à l’ONG avec qui travaille Luniwave. « Nous avons un partenariat avec Blue Foundation et pour chaque litre d’eau économisé grâce à notre solution, on finance des projets d’accessibilité à l’eau. On a notamment financé un projet dans un hôpital pour enfants au Malawi, en Afrique de l’Est. » 

Luniwave propose un abonnement de 2 à 10 euros par chambre aux hôtels pour utiliser son produit et a déjà séduit les grands noms de l’hôtellerie : B&B, Accor, Club Med, Best Western. « En dix mois, nous avons réalisé 800 000 euros de revenus récurrents », souligne le cofondateur.

3 millions d'euros de CA en 2026 

Des résultats qui ont séduit deux investisseurs de l’émission « Qui veut être mon associé? », diffusé ce jeudi 12 février. Sur le plateau, les trois entrepreneurs sont venus chercher 250 000 euros pour 5 % de leur capital. Alice Lhabouz et Jonathan Anguelov - qui connait bien le secteur de l’hôtellerie et souhaitait négocier 8% des parts de la société - se sont positionnés. Et finalement, les entrepreneurs ont choisi Alice Lhabouz pour « son approche business. » 

La jeune société, qui avait déjà levé un million d’euros en 2023 pour financer sa R&D et lancer son produit sur le marché, emploie 15 salariés et souhaite désormais accélérer à l’étranger.

« Nous sommes déjà présents dans six pays étrangers : en Belgique, au Luxembourg, en Allemagne, en Italie, en Espagne et en Arabie Saoudite. Nous nous sommes principalement focalisés sur les pays européens, qui sont des marchés assez proches. Aujourd’hui, nous comptons une centaine de clients et notre objectif est d’en compter entre 400 et 500 à la fin de l’année 2026 », poursuit Léonard Grynfogel, qui vise 3 millions d’euros de chiffre d’affaires en fin d’année.

Une expansion vers les Etats-Unis 

D’ici 2028, la société espère atteindre 20 à 30 millions d’euros de chiffre d’affaires grâce à 1500 clients en poursuivant son expansion vers le sud de l’Europe et vers les Etats-Unis.

« L’enjeu pour nous est aussi de continuer à améliorer notre produit et de nous diversifier en ciblant également les territoires. Nous travaillons déjà avec des agences d’attractivité ou des offices de tourisme. Comme avec les hôtels, l’idée est de récompenser les bonnes pratiques. A Paris, on peut récompenser les personnes qui privilégient le métro au taxi par exemple. »