Un an après sa création, 199 Ventures revendique un démarrage rapide. Lancé début 2025 par Andréa Bensaid, fondateur d’Eskimoz, et Gaultier Brun, le fonds a rencontré 384 équipes fondatrices, réalisé 10 investissements et déployé 600 000 euros. Il dispose en tout d'une enveloppe de 30 millions d'euros, auto-financé.
Au-delà des indicateurs, le fonds dispose d'une particularité, affichée dès que le départ : une transparence totale. L’ensemble des investissements est consultable en ligne. On y trouve aussi des informations comme les montants des tickets investis ou les valorisations
Spiko, symbole d’un pari early-stage
Dès ses premiers mois, 199 Ventures a frappé fort avec la fintech tricolore Spiko, entrée au portefeuille avant sa série A menée par Index Ventures. « Notre premier investissement va potentiellement être l’une des prochaines licornes françaises », avance Andréa Bensaid. Spiko propose une plateforme d’émission, de gestion et de distribution d’instruments financiers tokenisés à destination des entreprise. Elle a levé une vingtaine de millions d'euros en juillet dernier, auprès notamment de Nikolay Storonsky, l’emblématique patron de Revolut,
Pour Andréa Bensaid, cette ligne illustre le pari de l’early stage. Investir très tôt, avec des tickets limités, en acceptant qu’une performance globale puisse reposer sur quelques succès majeurs. « Tout le retour d’un fonds peut se faire sur une boîte », rappelle-t-il. Dans un portefeuille de dix participations, identifier une entreprise susceptible d’atteindre ce statut constitue, selon lui, « une très belle réussite » à ce stade.
Lucis, autre participation positionnée sur la santé préventive, a également levé près de 7,2 millions d’euros auprès notamment de Y Combinator et General Catalyst, confirmant la capacité du fonds à se positionner sur des tours compétitifs.
Une thèse opportuniste, sans pression de déploiement
199 Ventures ne revendique ni spécialisation sectorielle stricte ni cadre géographique figé. « Nous sommes assez agnostiques et opportunistes », affirme Andréa Bensaid. Santé, fintech, software, France, Royaume-Uni, États-Unis ou Asie : la sélection se fait dossier par dossier.
Cette souplesse tient à la structure du véhicule qui compte pour seul LP Andréa Bensaid lui-même. « Nous n’avons aucune pression de déploiement et aucun compte à rendre », souligne Andréa Bensaid.
Les tickets se situent généralement entre 50 000 et 200 000 euros, majoritairement entre 50 000 et 100 000 euros à ce stade. Mais le fonds envisage d’élargir cette fourchette. « Je regarde actuellement une société dans l’IA pour investir un ticket d’un million d’euros », confie Andréa Bensaid. Un montant nettement supérieur aux investissements réalisés jusqu’ici, qui confirme la flexibilité de la thèse et qui pourrait porter le total engagé à un niveau nettement plus significatif.
Après une première année consacrée à l’installation de la marque et à la constitution du portefeuille, 199 Ventures entre ainsi dans une phase de consolidation. Avec une ligne directrice claire : rester sélectif, saisir les opportunités jugées structurantes et accepter qu’en early stage, la performance puisse reposer sur quelques paris décisifs.