« Chaque année, 3,8 millions de personnes mettent leur tête sous l’eau en France. Et ils sont plus de 30 millions dans le monde. Nous, on veut leur permettre de voler, en étant immergé. » Alors que Paul François et son associée Emilia Perdigon se baladaient près d’un lac de montagne, connu pour son village englouti, l’idée de voler dans ses ruelles a émergé. Pour pouvoir les explorer, les deux inventeurs ont imaginé un « deep foil » : une aile sous-marine, qui permet d’accompagner le mouvement naturel du nageur et de glisser sous l’eau. En juin 2025, les deux entrepreneurs ont créé Nereïs Ocean et lancé la commercialisation de leur innovation. « En seulement quatre jours, on avait dépassé nos capacités de production en impression 3D », souligne Paul François. 

Quatre investisseurs convaincus 

Avant de passer en phase d’industrialisation, Nereïs Ocean a lancé des précommandes sur son site. « On a rapidement enregistré près de 300 commandes et nous sommes actuellement en train de nouer un partenariat avec Décathlon en Bretagne », souligne Emilia Perdigon. Désormais, Nereïs Ocean a donc besoin de se structurer et d’industrialiser sa production. 

Sur le plateau de « Qui veut être mon associé ? », spécial inventeurs, diffusé ce jeudi 26 février, les deux entrepreneurs demandaient ainsi 40 000 euros pour 8 % de leurs parts. Une proposition qui a largement emballé les investisseurs. Quatre d’entre eux ont en effet voulu faire partie de l’aventure et ont même proposé une somme plus élevée. Jean-Pierre Nadir et Jean-Michel Karam ont souhaité s’associer en proposant 50 000 euros pour 10 % du capital avant qu’Eric Larchevêque et Alice Lhabouz ne fassent la même offre. Et finalement les entrepreneurs ont choisi le premier duo. 

« Jean-Michel Karam a tout de suite cru en notre produit et nous a proposé son aide pour accélérer les ventes via notre e-shop », précise Emilia Perdigon. Pour la jeune société, l’objectif principal est par ailleurs de créer « une image de marque. » « Nous savons que Jean-Michel Karam est très fort là-dessus. Et que Jean-Pierre Nadir va nous ouvrir des portes dans le secteur du tourisme », poursuit Paul François. 

1 à 1,5 million d’euros de chiffre d’affaires en 2027 

Les deux entrepreneurs ont dores et déjà été accompagnés sur les enjeux de propriété intellectuelle par leurs nouveaux associés et envisagent de créer rapidement de nouveaux produits. « On souhaite développer d’autres innovations en lien avec les activités nautiques », poursuit Emilia Perdigon, qui souhaite par ailleurs cibler les territoires d’outre-mer. « Nous savons qu’il y a un gros potentiel sur les îles, tournées vers la mer toute l’année », précise-t-elle. 

Pour l’année et demi à venir, Nereïs Ocean veut se concentrer sur le marché français, avant d’envisager un déploiement à l’international. « On commencera par l’Europe. On a déjà des pistes aux Pays-Bas et en Suisse mais nous souhaitons également cibler les états américains où les gens passent du temps dans l’eau, puis à terme le Mexique ou l’Indonésie », détaille Emilia Perdigon. Grâce à ces perspectives, les deux associés espèrent réaliser 350 000 euros de chiffre d’affaires en 2026 et entre 1 et 1,5 million d’euros en 2027.