« En France, une femme sur deux a les cheveux colorés. Pourtant, en 2025, la coloration reste un casse-tête. Elle nécessite : soit un budget important chez le coiffeur, soit une aventure en solitaire avec bavures, nuque ratée et frustration. » C’est de ce constat que sont parties Odile Pattus et Valérie Blanc, deux amies, respectivement coiffeuse et cheffe comptable et formatrice en gestion-finance. 

Ensemble, elles ont créé O-Blanc et mis au point un appareil permettant de se colorer soi-même les cheveux en cinq minutes, grâce à un embout qui glisse le long du cuir chevelu et distribue le produit colorant au compte-goutte, sans bavures. « Pendant la crise sanitaire, alors que les coiffeurs étaient fermés, je me suis colorée les cheveux seule. A ce moment-là, je me suis rendue compte qu’aucun outil intéressant n’existait sur le marché. Les formulations des produits ont bien évolué mais l’application reste préhistorique. On est envahi de high-tech au quotidien, mais pour la coloration, on nous laisse avec un pinceau. Alors j’ai commencé à réfléchir et à faire des croquis. Puis j’en ai parlé à mon amie coiffeuse », détaille Valérie Blanc.

72 % de marge

Grâce à leur appareil, les deux associés ciblent ainsi les femmes de plus de 35 ans, qui ont des cheveux blancs mais également les plus jeunes, qui changent de couleur par goût ou encore les enfants, pour lutter contre les poux. « Nous avons réalisé une étude de marché et nous nous sommes rendus compte que la demande était beaucoup plus importante sur le marché BtoC. En BtoB, cela semble plus compliqué. Les coiffeurs ne sont pas forcément enclins au changement, ils ont la sensation qu’on vient leur voler leur travail », souligne la cofondatrice. 

La jeune startup, incubée dans une pépinière d'entreprises, est actuellement en phase d’industrialisation et souhaite lancer la commercialisation de son produit courant 2026. « En vente direct, notre marge sera de 72 % mais nous ciblons également les distributeurs spécialisés, avec qui notre marge sera plutôt autour de 45 % », précise Valérie Blanc. 

1,5 million d'euros de CA en 2027

Sur le plateau de « Qui veut être mon associé ? » diffusé ce jeudi 26 février, les deux entrepreneuses sont donc venues chercher 70 000 euros pour 10% de leur capital. Une proposition qui a séduit Ariane Daguin, pour qui « passer une demi-journée chez le coiffeur toutes les six semaines est une corvée. » De son côté, Jean-Michel Karam - qui n’a pas souhaité investir tout en se montrant intéressé par le projet - a proposé aux entrepreneuses de passer une journée avec ses équipes « pour décortiquer leur appareil, parler de la stratégie et de la tech. »

Grâce à ces perspectives, Valérie Blanc et Odile Pattus espère vendre 2000 unités et réaliser 350 000 euros de chiffre d’affaires en 2026. Avant de commercialiser 8 000 appareils pour un chiffre d’affaires d’1,5 million d’euros l’année suivante. Et de doubler ce résultat en 2028. Médaillées d’or au concours Lépine il y a deux ans, les deux associées envisagent par ailleurs de développer de nouveaux produits afin de se diversifier dans « les balayages ou les mèches », grâce à de nouvelles têtes, clipsables sur leur appareil.