L’histoire entrepreneuriale de Thibaud Elzière s’est toujours écrite entre la France et la Belgique. Et au fil des années, l’entrepreneur s’est toujours attelé à multiplier les liens entre les deux pays. En ce mois mars, ce lien intime entre la France et la Belgique se matérialise avec l’arrivée de la startup belge Enobase au sein du startup studio Hexa, structure initiée par Thibaud Elzière et Quentin Nickmans.
Cette société, qui ambitionne de bousculer les ERP et CRM traditionnels pour concurrencer des acteurs comme SAP, a vu le jour en janvier au sein de WAT, l’incubateur créé par Thibaud Elzière à Bruxelles. Ce dernier devrait ouvrir ses portes en 2017, mais l’entrepreneur français a finalement lancé une version «bêta» il y a quelques mois pour accueillir de premières startups.
«J'ai rencontré l'équipe d'Enobase au WAT, à Bruxelles. J'ai tout de suite été frappé par la qualité de l'équipe et la clarté de leur positionnement. C'est ce qui m'a donné envie de créer la verticale ‘AI for Work’ au sein de Hexa Sprint. L'objectif est de travailler main dans la main pour recalibrer la vision, élever l'ambition et accélérer l'exécution», indique Thibaud Elzière, co-fondateur de Hexa qui replonge donc dans l’opérationnel de son startup studio après avoir confié les manettes de la structure à Matthieu Gombeaud lors de l’été 2025.
Thibaud Elzière aux commandes de la verticale «AI for Work»
En effet, le co-fondateur de Fotolia reprend du service pour lancer la verticale du programme «Sprint» dédiée aux startups qui travaillent sur la transformation profonde du fonctionnement des entreprises à l’aide de l'intelligence artificielle. Avec cette nouvelle verticale, Thibaud Elzière prévoit d’accompagner une douzaine d’entreprises cette année, à commencer donc par Enobase, qui développe une plateforme qui redonne aux entreprises le contrôle de leurs opérations grâce à l'IA.
Celle-ci doit ainsi permettre de contrer le «SaaSpocalypse» qui guette les éditeurs de logiciels SaaS alors que la rente de prédictibilité de croissance et des revenus ne suffit plus. «Nous ne sommes pas en concurrence avec les ERP ou CRM traditionnels. Nous les rendons obsolètes», assure Gauthier Rodaro, qui a fondé Enobase avec Basile Cassiers. Les deux entrepreneurs ont commencé à travailler ensemble en 2021 sur des projets d'ingénierie logicielle via Embie, la précédente startup de Basile Cassiers. Parmi ses investisseurs, Enobase compte notamment Mehdi Boudoukhane, qui a cédé sa startup Cycle au géant américain Atlassian l’an passé, et des business angels d'OpenAI, Spotify et Uber.
La verticale «AI for Work» vient s’ajouter à «Carbon Zero», celle destinée au climat avec Maxime Brousse, co-fondateur de Selency, et «European Defence», celle consacrée aux innovations dans la défense avec Guillaume Lerouge, un ancien de Thales. Pour rappel, ces cohortes de startups sont accompagnés pendant six mois dans le cadre du programme «Sprint», en mettant l’accent sur trois leviers : recalibrer leur vision, élever leur niveau d’ambition et donner du rythme à leur exécution au travers de rituels et d’une rigueur collective. Les entreprises retenues peuvent bénéficier chacune d’un investissement de 500 000 euros pour environ 10 % du capital. Un coup de pouce financier pour espérer marcher dans les pas d’Aircall, Front ou encore Spendesk, les entreprises les plus emblématiques qui ont germé au sein d’Hexa.