Les innovateurs français ont déposé 10 932 demandes de brevets auprès de l’Office européen des brevets (OEB) en 2025. Un niveau quasi stable sur un an (-0,4 %), qui permet à la France de rester le deuxième pays européen en matière de dépôts, derrière l’Allemagne, et de se classer sixième au niveau mondial. Une performance solide, qui masque toutefois une innovation encore très concentrée.
À l’échelle globale, l’année 2025 marque un record avec 201 974 demandes enregistrées par l’OEB (+1,4 %). « Le volume record de demandes de brevet met en évidence la capacité d'innovation de l'Europe et son attractivité en tant que marché technologique mondial », déclare António Campinos, président de l’OEB. Selon l’organisation, les demandes de brevets constituent un indicateur avancé des investissements en R&D, dans un contexte de concurrence accrue entre zones géographiques.
Transports, informatique, énergie : les piliers de l’innovation française
En France, trois domaines concentrent l’essentiel des dépôts. Les transports arrivent en tête avec 1 103 demandes en 2025, malgré un léger recul. L’informatique suit, avec 847 dépôts en hausse de 7,8 %, devant les machines, appareils et énergie électriques, également en progression.
Dans le secteur des transports, plusieurs groupes français figurent parmi les principaux déposants mondiaux. Renault se classe sixième, tandis que Valeo et Safran occupent respectivement les onzième et quinzième positions.
L’informatique est portée par la montée en puissance de l’intelligence artificielle. Les technologies liées à l’IA représentent 141 demandes en 2025, soit une hausse de 19 % sur un an et 17 % des dépôts européens dans ce domaine.
Sur des segments plus émergents, la France se distingue dans le quantique. Avec 42 demandes, elle se classe en tête en Europe. Deux startups françaises, Alice & Bob et Pasqal, figurent parmi les dix principaux déposants à l’OEB sur ce segment, illustrant l’émergence d’un tissu d’innovation plus récent, encore minoritaire face au poids des grands groupes.
Une innovation dominée par les grands groupes
Au classement des déposants français à l’OEB, Valeo (650 demandes), Safran (593) et le Commissariat à l’énergie atomique et aux énergies alternatives (CEA) (469) occupent les trois premières places. Au total, huit entreprises françaises figurent dans le top 100 mondial.
Ces données font écho à celles de l’INPI, publiées récemment. L’institut fait état d’une hausse de près de 9 % des dépôts en France en 2025. Selon ces chiffres, Stellantis et Safran occupent, pour la troisième année consécutive, les premières places du classement des déposants, confirmant la domination des grands groupes industriels.
Cette concentration traduit le poids des secteurs historiques, notamment l’automobile, l’aéronautique et l’énergie, dans la dynamique d’innovation française. La recherche publique reste également un acteur structurant. Le CEA, l’INSERM et le CNRS figurent parmi les principaux organismes européens en matière de dépôts, soulignant le rôle des laboratoires et des partenariats public-privé.
Sur le plan territorial, l’innovation reste fortement concentrée. L’Île-de-France représente 63,9 % des demandes françaises et se classe première région européenne pour la troisième année consécutive, devant la Bavière. Elle occupe également la quatrième place mondiale, derrière la Californie, Tokyo et le Guangdong.
Enfin, le brevet unitaire poursuit sa montée en puissance. En 2025, 32,3 % des brevets européens délivrés à des acteurs français ont été convertis dans ce format, qui permet une protection uniforme dans plusieurs pays via une procédure simplifiée.