Standing Ovation accélère. La startup française spécialisée dans la production de protéines laitières sans élevage annonce une levée de 25 millions d’euros en série B, complétée par un prêt d’environ 6 millions d’euros auprès d’un pool bancaire.
Ce tour de table réunit ses investisseurs historiques, parmi lesquels Astanor, le groupe Bel, Seventure Partners, Good Startup et Big Idea Ventures, et accueille de nouveaux entrants comme Bpifrance, Danone Ventures, Angelor, Newtree et Noshaq. « Ce financement vise à accélérer notre développement. Nous allons renforcer notre R&D et structurer des partenariats industriels et commerciaux pour faire émerger un nouvel écosystème autour des protéines alternatives », explique Yvan Chardonnens, président de Standing Ovation.
Produire du lait… sans vache
Fondée en 2020, la startup développe de la caséine, une protéine clé du lait utilisée notamment dans les fromages ou les glaces, sans recourir à l’élevage animal. Son approche repose sur la fermentation de précision : des micro-organismes sont nourris à partir de sucres issus du lactosérum, de la betterave ou de l’amidon de blé, afin de produire cette protéine en laboratoire.
Une fois obtenue, la caséine est transformée en poudre et intégrée dans des produits alimentaires. Elle permet notamment de reproduire les propriétés du lait, comme la texture filante d’une mozzarella ou la structure d’un yaourt. « Nous valorisons des coproduits de l’industrie agricole française, et notamment le lactosérum, que nous utilisons comme ressource », précise Romain Chayot, cofondateur et directeur général de Standing Ovation.
Premier test grandeur nature avec Bel
La startup s’appuie déjà sur des partenaires industriels. Elle collabore notamment avec le groupe Bel, qui utilise sa solution depuis 2022 et renouvelle aujourd’hui sa confiance via un nouveau partenariat commercial.
Standing Ovation revendique un avantage environnemental significatif : sa technologie permettrait de réduire jusqu’à 80 % les émissions carbone par rapport à une production laitière classique. Au-delà de l’impact, l’enjeu est aussi stratégique. « Nous voulons contribuer à une forme de souveraineté alimentaire en Europe, en produisant localement sans dépendre d’intrants importés », ajoute Romain Chayot.
Contrairement à d’autres acteurs de la foodtech, Standing Ovation ne mise pas immédiatement sur la construction d’une usine. La startup s’appuie aujourd’hui sur des capacités industrielles existantes en France, en Pologne et en Inde pour produire sa protéine. Une stratégie plus agile, même si la création d’un site propre reste à l’étude.
Objectif : les États-Unis, puis le monde
La prochaine étape est commerciale. Standing Ovation prévoit de lancer ses produits aux États-Unis dès cette année, sous réserve d’une autorisation de la Food and Drug Administration (FDA). Une demande a également été déposée en Europe. L’entreprise vise ensuite un déploiement progressif sur plusieurs marchés, notamment en Europe, au Canada, en Chine et en Australie.
Dans son viseur : un marché mondial des protéines estimé à 600 milliards de dollars d’ici 2035. « Nous sommes les premiers à avoir "cracker" ce mécanisme de production de la protéine laitière. Nous voulons désormais devenir un champion européen dans ce secteur», affirme Yvan Chardonnens. Standing Ovation, qui emploie aujourd’hui 36 personnes, vise la rentabilité à horizon 2028.