Ils sont cinq. Cinq entrepreneurs réunis dans la première saison de Future Leaders, série réalisée par Imagine Médias en partenariat avec Maddyness. Cinq trajectoires différentes, cinq secteurs, de l’éducation à la santé, en passant par la finance ou le conseil, mais une même manière d’envisager leur rôle : sans illusion, sans fantasme.
Étienne Porche (Les Sherpas), Romain Clément (Arcascience), Neila Choukri (Kolecto), Jonathan Khalfa (Cecca) et Édouard Ribes (OctaEdge) ont tous déjà entrepris, parfois à plusieurs reprises. Des profils aguerris, donc, mais surtout des entrepreneurs qui avancent avec une forme de lucidité sur ce que signifie réellement construire une entreprise.
L’étincelle est souvent personnelle
Quand ils retracent leur parcours, ils font volontiers le lien entre leur passé (enfance ou jeunesse) et le type d’offre qu’ils ont choisi de bâtir. Ainsi, Étienne Porche, CEO de Les Sherpas, a pour ambition de « rendre les cours particuliers accessibles au plus grand nombre, dans une logique de complémentarité avec l’Éducation nationale. » Ce choix ne sort pas de nulle part : « J’ai eu une scolarité très chahutée, je suis passé de dernier à premier de la classe deux fois dans ma vie, mais je suis un bosseur, qui a été récupéré sur le bord de la route par un prof particulier. L’éducation peut changer une vie : si mes parents n’avaient pas payé ce prof, je ne serais pas là aujourd’hui. »
Autre exemple : Romain Clément, CEO d’Arcascience, ingénieur et expert de l’IA appliquée au monde de la santé, a vu sa trajectoire bouleversée en 2014 par une tumeur au cerveau. Un choc qui l’invite à « mettre de l’ordre dans ses priorités », et à prendre conscience de la valeur des données biomédicales : « elles peuvent transformer la manière dont la recherche médicale aborde les pathologies complexes. »
C’est le sentiment dominant qui se dégage de ces cinq rencontres : une énergie, une vibration, une « foi » quotidienne pour la tâche qu’ils ont commencée, en dépit des inévitables déconvenues, échecs et marches trop hautes. Étienne Porche parvient à citer Winston Churchill (« Le succès c'est d'aller d'échec en échec sans perdre son enthousiasme ») et Johnny Halliday (« l’envie d’avoir envie ») quasiment dans le même souffle. Neila Choukri, fondatrice de Kolecto, lance: « J’ai toujours de l’optimisme, mais c’est le principe de l’entrepreneuriat, non ? »
Une volonté d’impact
S’il fallait désigner une porte-parole de l’impact, ce serait d’ailleurs Neila Choukri - même si tous manifestent clairement le désir de faire bouger les lignes. « J’ai toujours eu des remises en question, mais sur le comment, jamais sur le pourquoi ! » souligne la jeune patronne. De la greentech à la HRtech et la fintech, son parcours est marqué par l’envie de répondre à des besoins concrets. Avec Kolecto, elle s’apprête à épauler les dirigeants de TPE et PME dans le grand chantier de la facturation électronique… et s’attaque plus largement à la complexité administrative et financière qui alourdit leur quotidien.
Étienne Porche défend des prix abordables pour le soutien scolaire, accessibles à tous. Romain Clément entend bien développer un modèle d’IA capable de représenter une maladie et de prédire la réaction d’un médicament avant le début des essais. Quant à Jonathan Khalfa, expert-comptable associé du cabinet Cecca, multi-entrepreneur et investisseur - de la boulangerie au club de fitness - il se lance, en plus de ses activités professionnelles, dans la publication de contenus pédagogiques pour « débunker » les erreurs et préjugés qu’il observe sur le terrain.
Un quotidien qui n’est pas fantasmé
« Ne rien faire coûte souvent bien plus cher que de se tromper », rappelle Neila Choukri, qui insiste sur le fait qu’il n’y a jamais de « bon moment » ni de « bonne idée qui surgit toute seule un matin ». Le succès repose sur la capacité à décider et à bien s’entourer. « Une des plus grandes joies pour un entrepreneur est de voir croître son équipe », affirme Romain Clément, qui s’apprête cette année à passer de 9 à 20 collaborateurs.
Edouard Ribes, CEO et cofondateur d'OctaEdge, ne dit pas le contraire. En prise directe sur l’IAG, il propose aux cabinets de conseil des « agents » pour booster le volume de leurs propositions commerciales, sans augmenter les effectifs. Mais il met en garde les auditeurs contre le piège de la fausse productivité des LLM et valorise la formation des humains, pour « les augmenter sans les remplacer. »
Entre recherche de sens et capacité d’adaptation, ces « Future Leaders » rappellent que l’entrepreneuriat est caractérisé avant tout par un mouvement permanent.