Jeito Capital franchit un cap avec la clôture de son deuxième fonds, Jeito II, à plus d’un milliard d’euros. Une levée record qui confirme la montée en puissance de cet acteur du capital santé et traduit l’intérêt renouvelé pour les biotechs européennes, dans un contexte de recomposition du secteur.
Créé fin 2019 par Rafaèle Tordjman, le fonds affiche désormais 1,6 milliard d’euros d’actifs sous gestion, soit un triplement en cinq ans. Son premier véhicule, clos en 2021 à 534 millions d’euros, posait déjà les bases d’une stratégie centrée sur des sociétés en phase clinique.
Une base d’investisseurs élargie et plus stratégique
Avec Jeito II, la société double la taille de son précédent fonds et renforce sa capacité d’intervention, avec des tickets pouvant atteindre 150 millions d’euros. Le fonds vise 15 à 20 participations dans des biopharmas développant des thérapies de rupture.
La levée s’appuie sur une base d’investisseurs diversifiée, répartie entre Europe, Amérique du Nord et Asie, incluant fonds souverains, assureurs, fonds de pension, family offices et industriels. Parmi eux figurent notamment des laboratoires comme Servier et Pfizer, qui viennent renforcer l’ancrage stratégique du fonds au sein de l’écosystème santé.
« Cette levée record est un succès collectif, qui reflète la confiance de nos investisseurs », commente Rafaèle Tordjman, fondatrice et présidente de Jeito Capital.
Une stratégie validée par ses premières sorties
Le développement de Jeito Capital s’inscrit dans un contexte sectoriel marqué par la perte de brevets de nombreux médicaments, qui pourrait représenter jusqu’à 400 milliards de dollars de revenus d’ici 2033. Dans ce contexte, les biotechs jouent un rôle central, à l’origine de plus de 70 % des innovations médicamenteuses.
Jeito se positionne sur ces actifs, en accompagnant leur développement jusqu’à des stades avancés. Une approche qui commence à produire des résultats. Le fonds a déjà réalisé trois cessions, dont les acquisitions d’EyeBio et Hi-Bio par Merck & Co et Biogen, pour des montants pouvant atteindre respectivement 3 milliards et 1,8 milliard de dollars, avec une durée moyenne de détention de 24 mois.
Cette capacité à générer des sorties rapides constitue un élément clé de sa crédibilité, dans un secteur où les cycles sont habituellement longs. Adossé à l’expérience de sa fondatrice, passée par l’Assistance publique-Hôpitaux de Paris puis Sofinnova Partners, le fonds entend désormais confirmer ce changement d’échelle, en accompagnant l’émergence de biotechs européennes capables de rivaliser à l’international.