Développer un projet d'énergie renouvelable (solaire, éolien ou stockage batterie) implique de prendre en compte de nombreux paramètres pour qu’il se révèle efficace. Pour faciliter leur mise en œuvre, Plume a décidé de miser sur l’intelligence artificielle géospatiale.
Aujourd’hui, la société annonce un tour de table de 3,3 millions d’euros mené par le fonds allemand à impact AENU. Le célèbre accélérateur américain Y Combinator, Kima Ventures, Raise Sherpa et Collab Fund ont également participé à l’opération.
Une meilleure sélection de sites et une détection plus précoce des risques
Fondée en 2024 par Édouard Labarthe, qui a travaillé six ans pour Palantir, et Marc Watine, ex-chercheur en géospatial et IA à Harvard, la société s’attèle à centraliser données géospatiales et documents réglementaires non-structurés au sein d'une même plateforme. Plus de 150 sources de données (zones naturelles, réseaux électriques, plans de prévention des risques d'inondation, permis de construire, délibérations de collectivités…) sont ainsi agrégées.
De cette manière, l’objectif est de croiser les données de zonage, de capacité réseau, de zones protégées et de parcelles foncières, tout en analysant délibérations municipales, historiques de permis, études environnementales et plans de développement réseau afin d’identifier les sites les plus propices pour accueillir des projets d’énergie renouvelable. La société promet une analyse de site en quelques secondes.
Jusqu’à présent, ce travail était surtout manuel et pouvait s’étaler sur plusieurs mois. La plupart des projets tombent même à l’eau après plusieurs années de travail. «L'incertitude sur les risques et les délais reste l'un des principaux freins au déploiement des énergies renouvelables en Europe. Nous construisons la couche d'intelligence qui permet aux équipes d'avancer plus vite et d'augmenter la part des projets qui aboutissent réellement», indique Édouard Labarthe, co-fondateur et CEO de Plume. «Le développement des énergies renouvelables est un problème de raisonnement dissimulé dans des cartes et des documents. Nos agents IA synthétisent données géospatiales structurées et informations réglementaires non-structurées pour produire une intelligence territoriale claire, aidant les développeurs à aller plus vite tout en sélectionnant les projets avec la plus forte probabilité d'atteindre la construction», complète-t-il.
L’Italie et les États-Unis dans le viseur
Passée par Y Combinator en 2024, la startup tricolore compte s’appuyer sur sa levée de fonds pour accélérer son expansion à l’international. Déjà déployée en France, en Espagne, en Roumanie et en République tchèque, elle vise l'Italie et les États-Unis cette année. Comptant une douzaine de clients à l’heure actuelle, qui représentent plus d’un gigawatt de projets, la jeune pousse estime que sa plateforme pourrait épauler près de 500 entreprises développant des infrastructures renouvelables rien que dans l’Hexagone.
Plume prévoit aussi de doubler ses effectifs pour atteindre les 12 salariés d’ici la fin de l’année, en recrutant des spécialistes des systèmes IA, de l'ingénierie géospatiale et de l'analyse énergétique. Ces renforts viseront notamment d’enrichir la plateforme avec de nouvelles fonctionnalités pour proposer la cartographie des parties prenantes, l’intelligence concurrentielle par IA et la rédaction automatisée des dossiers de permis.