Pour Seyna, l’année 2025 aura été un très bon cru. En effet, l’entreprise tricolore, qui distribue ses produits en marque blanche dans le secteur de l’assurance, annonce avoir engrangé 142 millions d’euros de chiffre d’affaires en 2025, en progression de 57 % par rapport à l’année précédente (91 millions d’euros). C’est largement au-delà de son objectif initial. Il y a encore six mois, l’assurtech française disait vouloir atteindre les 124 millions d’euros de revenus.
La bonne dynamique de Seyna se reflète dans son ratio de solvabilité, indicateur clé surveillé de près par les assureurs, qui a atteint 247% fin 2025, contre 205 % fin 2024. C’est surtout sur le segment de la santé que l’entreprise a fait la différence au cours de l’année écoulée. Il s’agit désormais de sa première verticale ne volume, sur laquelle elle a dégagé 9 % de marge après paiement des sinistres et toutes les charges de distribution et gestion, trois ans après la commercialisation des premiers produits dans cette branche. Dans cette dernière, ce sont 51 millions d’euros de primes qui ont été émises l’an passé, soit un bond de 118 % en un an.
A ce jour, Seyna revendique 97 portefeuilles actifs dans 7 secteurs d’activité (santé individuelle, loyers impayés, santé animale, affinitaire...). «En 2025, nous avons accompagné le lancement de 30 nouveaux produits, et avons aussi constaté l’accélération de la production et de la rentabilité des portefeuilles existants. C'est la validation la plus directe de notre modèle», se réjouit Stephen Leguillon, CEO de Seyna. «Nous pilotons chaque portefeuille mensuellement, avec une granularité et une profondeur d’analyse que peu d'assureurs atteignent à ce rythme», ajoute Jean Nicolini, directeur financier et risques de Seyna.
«La différence se fait sous le capot»
Ces résultats s’inscrivent dans le cadre du plan «Horizon 2027» lancé par Seyna pour continuer à monter en puissance. Dans ce cadre, la société continue d’investissement massivement sur le plan technologique, notamment dans l’intelligence artificielle, pour résister à une concurrence qui s’intensifie. «2025 est la première année où notre vision se traduit en chiffres concrets dans nos résultats. Cela a été une année de structuration», souligne Stephen Leguillon. Avant d’ajouter : «Il y a cinq ans, nous lancions des produits d’assurance plus rapidement que tous nos concurrents. Aujourd’hui, les choses ont changé. Nous planchons sur le prochain élément qui nous donnera trois à quatre ans d’avance. Nous avons la même carrosserie que les autres assureurs, mais la différence se fait sous le capot. La technologie doit nous permettre d’être plus proactif pour les courtiers.»
Par conséquent, Seyna a bouclé un tour de table de 10 millions d’euros en septembre dernier. Cette opération visait notamment à pouvoir maintenir un haut niveau d’investissement dans l’infrastructure technologique sans pour autant fragiliser l’équilibre financier de l’entreprise. Avec l’appui de l’IA, Seyna cherche à aider les touriers à anticiper les dérives, identifier les leviers de croissance et prendre des décisions rapides pour doper leur production et leur rentabilité. «On a reconstruit à partir de zéro notre écosystème technologique qui intègre la data de nos courtiers. Ce n’était pas une mince affaire car leurs données sont très hétérogènes. Mais à l’arrivée, on a résolu ce problème pour chaque courtier. C’était difficile de passer à l’échelle, mais l’IA change la donne», explique le patron de Seyna.
Déploiement en Belgique et aux Pays-Bas
Au-delà de l’aspect technologique, l’assurtech française veut aussi accompagner les courtiers dans leur développement à l’international. Déjà présente en France, en Allemagne, en Espagne et en Pologne, elle s’est ainsi déployée en Belgique et aux Pays-Bas l’an passé. «Nous voulons être l’assureur leader au niveau européen et cela implique de soutenir les ambitions paneuropéennes de nos clients», indique Stephen Leguillon. A ce jour, Seyna revendique 92 clients actifs, à l’image d’April, WTW, Marsh, SPVIE, Verspieren et Garantme. Ces derniers utilisent Seyna pour protéger près de deux millions d'assurés dans six pays européens.
Pour accélérer son développement sur le Vieux Continent et conserver une avance technologie, Seyna n’exclut pas de se tourner vers la croissance externe. «Il y aura probablement des opérations, notamment des acquisitions, au cours des cinq prochaines années. Des rachats au niveau business à l’international, ce sont des choses qu’on va regarder», confirme Stephen Leguillon. En attendant ces potentielles acquisitions, Seyna devrait facilement passer la barre symbolique des 150 millions d’euros en 2026, voire venir chatouille celle des 200 millions.