À un an de l’élection présidentielle, les entrepreneurs français tentent de reprendre la main sur leur image. Quarante dirigeants, réunis autour du cabinet de conseil Rydge Conseil, lancent “Le Cœur Entreprendre”, une initiative avec une ambition claire : peser dans le débat public et réhabiliter la figure de l’entrepreneur.

Parmi les signataires figurent plusieurs visages connus de l’écosystème, comme Hélène Huby (The Exploration Company), Éric Larchevêque (Ledger), Aurélie Jean (Inria), Jonathan Anguelov (Aircall), Lucie Basch (Too Good To Go), Moussa Camara (Les Déterminés) ou encore Jules Simiand Brocherie (ExtraStudent). Autant de profils issus de la tech, mais aussi de l’immobilier, de l'économie sociale, de la santé, de la publicité, de l'industrie ou de la culture. 

Une campagne coordonnée sur les réseaux sociaux

Concrètement, l’initiative prend la forme d’une campagne vidéo diffusée simultanément sur les réseaux sociaux des participants. Chacun y prête sa voix à un texte commun, pensé comme un manifeste, qui vise à raconter une autre réalité de l’entrepreneuriat, loin des clichés.

“Partout en France, des femmes et des hommes bâtissent, embauchent, innovent…”, débute cette prise de parole collective, qui insiste sur le rôle économique et social des entrepreneurs, mais aussi sur la pression qu’ils subissent au quotidien. Pour Jérôme Kieffer, CEO de Rydge Conseil, l’objectif est clair : “La réalité du métier d’entrepreneur est méconnue, souvent complexe. Nous souhaitons la rendre visible.”

Un malaise entrepreneurial en toile de fond

Derrière cette campagne de communication, les dirigeants engagés pointent un climat jugé de plus en plus difficile. Hausse des coûts de l’énergie, incertitudes économiques, complexité administrative, mais aussi sentiment de manque de reconnaissance.

Les entrepreneurs ne se sentent pas assez soutenus et le sujet n’est pas pris à bras-le-corps”, estime Frédéric Raillard, fondateur de l’agence Fred & Farid, qui a orchestré la campagne. Selon une étude OpinionWay réalisée en parallèle de l’initiative, un entrepreneur sur deux cite la survie de son entreprise comme sa principale préoccupation.

Une tentative de peser dans le débat public

Au-delà de la pédagogie, cette prise de parole collective s’inscrit dans un moment politique clé. À l’approche de la présidentielle, les entrepreneurs cherchent à faire entendre leurs attentes : simplification administrative, meilleure valorisation de leur rôle dans l’économie, évolution du regard porté sur l’échec, etc. “Il est urgent d’accepter l’échec entrepreneurial dans notre pays”, insiste Frédéric Raillard.

Reste à savoir si cette mobilisation, initiée par Rydge Conseil, parviendra à dépasser le cercle de l’écosystème pour toucher plus largement l’opinion publique, et surtout, à influencer les futurs débats politiques.