Une décennie après sa création, c’est l’heure du pivot pour Welcome to the Jungle. En effet, le spécialiste français de la marque employeur et du recrutement s’apprête à abandonner progressivement son approche de jobard qui a bâti sa notoriété pour basculer sur une plateforme de recrutement AI-native.
Baptisée «Welcome Hiring Suite», elle rassemblera plusieurs outils pour aider les entreprises à attirer les meilleurs talents. On retrouvera ainsi «Welcome Employer Brand», l’offre fondatrice de Welcome to the Jungle pour permettre aux entreprises de présenter leur activité et leurs équipes, «Welcome Sourcing» pour naviguer dans une base de données de 20 millions de candidats, dont 2 millions exclusifs à Welcome to the Jungle, «Welcome ATS» pour améliorer le suivi de chaque recrutement, et «Welcome Job Matching» pour mettre en relation les offres et les candidats les plus pertinents avec un scoring intelligent basé sur les compétences, les aspirations et l’alignement culturel.
Un modèle de jobboard à bout de souffle
Avec cette approche basée sur l’IA, Welcome to the Jungle espère ainsi devenir l’un des piliers du recrutement à l’ère de cette révolution technologique qui bouleverse en profondeur le marché du travail. «L’IA a bouleversé l’équilibre du recrutement en facilitant l’automatisation des candidatures, ce qui a fait exploser les volumes sans améliorer la qualité. Un recruteur traite aujourd’hui environ 5 300 candidatures par an, dont 77 % ne sont pas pertinentes, soit une hausse de 93 % par rapport à 2021. À cela s’ajoutent la fragmentation des outils RH, avec des équipes qui jonglent souvent entre 5 et 10 solutions, et une pression croissante sur des recruteurs moins nombreux, sommés de faire plus avec moins», observe Jérémy Clédat, co-fondateur et CEO de Welcome to the Jungle.
D’où la nécessité à ses yeux de lancer une nouvelle plateforme : «Nous avons choisi de repartir d’une feuille blanche pour bâtir une suite AI-native, pensée dès le départ pour apporter plus de justesse, de qualité et de fluidité à l’ensemble du parcours de recrutement.» Ce virage acte ainsi la fin de l’âge d’or du jobboard, qui apparaît désormais obsolète. «Le modèle historique du jobboard, fondé avant tout sur le volume, arrive aujourd’hui à ses limites parce que le marché du recrutement a profondément changé. Nous sommes passés d’un marché très candidat-centric, marqué par la pénurie de talents, à un marché re-devenu employeur-centric», analyse Jérémy Clédat.
Première percée dans l’IA avec Lymia
Pour planter les bases de cette révolution interne chez Welcome to the Jungle à l’aune de l’IA, l’entreprise avait racheté fin 2024 la startup tricolore Lymia, spécialisée dans le sourcing de candidats. Cette dernière développait une application qui visait à permettre aux recruteurs d’identifier en quelques secondes les meilleurs candidats pour une offre d’emploi au sein de leur base de données.
Dans ce cadre, la société s’appuyait sur l’intelligence artificielle, de manière à affiner la recherche du recruteur. Welcome to the Jungle s’est ainsi appuyé sur l’expertise de Lymia pour lancer un nouvel outil de sourcing de talents l’an passé. Une manière de prendre la température avant de pleinement embrasser la révolution de l’IA sur le marché du recrutement lors de ce premier semestre 2026.
Le Royaume-Uni, marché clé à l'international
Avec sa nouvelle plateforme, Welcome to the Jungle espère ainsi mieux répondre aux attentes de ses 4 500 clients dans trois pays. Aujourd’hui, l’entreprise opère en France, aux États-Unis et au Royaume-Uni. Pour viser ces deux derniers marchés, Welcome to the Jungle avait mis la main en 2024 sur la plateforme britannique de recherche d’emploi Otta.
C’est d’ailleurs outre-Manche que la société tricolore nourrit de fortes ambitions. «Nous accélérons au Royaume-Uni depuis fin 2023, en commençant par Londres, et c’est un marché clé pour nous. Le marché britannique de l’emploi est beaucoup plus vaste que le marché français, et nous pensons que Welcome to the Jungle y a un rôle important à jouer. La marque y commence déjà à être bien installée, ce qui nous donne une base solide pour grandir», estime Jérémy Clédat. Avant de conclure : «Plus largement, notre ambition est claire : faire de cette suite produit un nouveau standard du recrutement et passer, d’ici trois ans, de 4 500 à 15 000 clients.» Le rendez-vous est donc pris en 2029 pour dresser un premier bilan de cette approche AI-native.