Fondée en 2019 à Station F par Lucas Di Franco et son équipe, OneFlash déploie des stations de batteries portables dans les lieux à forte fréquentation. Le principe est simple : l'utilisateur scanne un QR code pour déverrouiller une batterie portable, l'emporte avec lui pour recharger son smartphone, et la rapporte dans la station de son choix parmi celles du réseau. 

Avec ce concept, la startup a déployé en quelques années près de 2 000 stations à travers l’Europe, au point de revendiquer une position de leader européen face à des acteurs comme The Keepers, Naki, Plug'Heur ou Cardbox.

Une levée pour «changer d’échelle»

Après avoir rassemblé 300 000 euros en amorçage en 2021, OneFlash a levé 3 millions d’euros en octobre 2022 auprès du fonds Kima Ventures de Xavier Niel et de plusieurs business angels, dont Bernard Mourad (actionnaire fondateur de Loopsider, décédé en 2025) et de Julien Callede (co-fondateur de Made.com). 

Aujourd’hui, la startup réalise donc son troisième tour de table, avec une série A de 3,5 millions d’euros, dont 2,1 millions d'euros levés auprès de Blast Club, le solde étant apporté par des investisseurs historiques (mais pas Xavier Niel) et des financements bancaires.

«Cette levée va nous permettre de changer d'échelle. Nous allons renforcer notre présence commerciale, structurer davantage notre marketing, enrichir notre offre et maintenir un niveau d'excellence opérationnelle à la hauteur de notre ambition», explique Lucas Di Franco, qui ne vise pas (encore) la rentabilité. «Tant qu’on continue à faire des croissances de X2, il n’y a pas trop d’intérêt», estime-t-il.

1,2 million d'utilisateurs et une croissance de 75 % 

OneFlash annonce aujourd'hui 1,2 million d'utilisateurs et une croissance de 75 % sur un an, après avoir multiplié par cinq son activité en trois ans. Présente dans 11 pays européens, la startup a maintenant pour objectif d'atteindre 5 000 bornes d'ici fin 2027 ou début 2028, puis 10 000 d'ici 2030. 

Ses stations se retrouvent par exemple chez Ikea, Leroy Merlin, dans des gares SNCF, au Stade de France, au Vélodrome, dans le métro parisien ou encore dans des hôpitaux. À l'aéroport Marseille-Provence, la solution a déjà convaincu plus de 250 000 utilisateurs, pour environ 15 000 usages mensuels.

Le modèle économique repose sur trois configurations, selon les partenaires. «Soit c'est un contrat B2B, 200 euros par mois par station pendant 36 mois, et le service est gratuit pour l'utilisateur. Soit le partenaire se refinance via la régie publicitaire sur les écrans de nos bornes. Soit l'accès est gratuit pour l'exploitant et l'utilisateur paie deux euros de l’heure», détaille Lucas Di Franco, qui annonce au passage une marge opérationnelle de 80 %.

Blast, une communauté et un «thermomètre» dans toute la France

«Notre business est parfait pour Blast Club et sa communauté de 14 000 membres : nous sommes très visibles, avec un modèle compréhensible par tout le monde», explique l’entrepreneur, qui dit bénéficier ainsi d’un «accès à un thermomètre quasiment dans toute la France», ainsi que d’un réseau d’ambassadeurs dans toute la France. Par exemple, il n’est pas rare que ces investisseurs envoient des photos des bornes pour alerter d’un souci sur le terrain : QR code dégradé, borne déplacée, etc.

De son côté, Anthony Bourbon confirme l'évidence du deal : «leur réseau de batteries en libre-service, pensé pour les usages du quotidien, répond à un besoin essentiel : rester connecté partout, à tout moment.»

Avec ce tour de table, la startup, qui compte 25 collaborateurs, entend désormais mailler plus densément le territoire pour rendre ce service encore plus fluide : déjà, 15 % des utilisateurs de OneFlash empruntent une batterie à un endroit et la restituent dans une station différente.