Le Campus cyber, une organisation qui regroupe quelque 200 entreprises et institutions autour des questions de cybersécurité dans un lieu près de Paris, appelle à se préparer à la découverte de nombreuses vulnérabilités informatiques, liée aux performances accrues de l'intelligence artificielle (IA).
Dans cette note, publiée dans le sillage de la présentation du modèle Mythos d'Anthropic, il anticipe ainsi une "vague de découverte massive de (vulnérabilités) mises au jour par l'IA" et réclame un renforcement rapide des capacités de réaction face aux cyberattaques, même s'il ne manque pas de relever au passage un "phénomène marketing".
Anthropic a annoncé début avril reporter la commercialisation de Mythos, le temps de combler les milliers de failles informatiques identifiées par l'interface. Entre-temps, le rival d'OpenAI a réservé les premières utilisations de son modèle à une quarantaine d'entreprises, dont certaines sont membres du Campus cyber, où sont réunis des acteurs de la cybersécurité et des grands groupes internationaux.
"S'il est important de ne pas céder à l'angoisse déclenchée par Mythos, il est essentiel de ne pas non plus sous estimer la trajectoire de l'IA", souligne le Campus cyber, qui alerte sur les progrès rapides et exponentiels de l'IA et ses impacts sur la cybersécurité. "Mythos rend plus crédible et plus tangible un scénario très pénalisant, (...) qui se caractériserait pas l'arrivée sur le marché, en libre accès ou équivalent, d'un ou plusieurs modèles d'IA (...) capables de déclencher une campagne mondiale massive de détection et de révélation de nouvelles vulnérabilités", assure l'organisation.
Face à cette situation, le Campus cyber met en garde contre une potentielle augmentation des cyberattaques réussies, en raison de moyens insuffisants pour corriger ces vulnérabilités. L'organisation note aussi la dépendance croissante des entreprises européennes aux produits de cybersécurité américains. "Il y a un enjeu de moyen et long terme pour l'Europe de développer une alternative crédible" d'IA en matière de cyber défense, insiste Joffrey Célestin-Urbain, président du Campus cyber.