Après plusieurs mois de préparation, Quideos change d’échelle. Fondée en 2023 par Gaël Pagès et Mickaël Delmas, lla fintech française, spécialisée dans la couverture des prix sur les produits agricoles non cotés, vient de boucler une levée de fonds de 5,2 millions d’euros. Le tour de table est mené par les fonds d’investissement Demeter et Breega, avec la participation du Groupe Crédit Agricole, ainsi que d’investisseurs historiques comme la société de gestion Clint Capital. Cette opération marque une étape clé pour la startup, qui dispose désormais des moyens nécessaires pour passer à un déploiement commercial à grande échelle. 

Les fonds levés doivent permettre, d’une part, de convertir les nombreux contacts commerciaux déjà établis en clients actifs, avec lesquels Quideos travaille depuis plusieurs mois. D’autre part, la fintech prévoit de renforcer ses équipes à partir de 2026, afin d’accompagner la montée en charge de son activité. 

Une réponse aux fortes variations des prix agricoles 

La solution développée par Quideos repose sur un principe de protection et d’anticipation des prix. Concrètement, la startup conçoit des contrats de couverture permettant de fixer à l’avance un prix d’achat ou de vente sur une période donnée. L’objectif est de réduire les risques liés aux variations de marché et d’offrir une meilleure visibilité économique aux acteurs de la filière. 

En effet, les prix des produits agricoles peuvent fortement fluctuer d’une année sur l’autre, notamment en cette période d'incertitudes géopolitiques. Ce qui créé une instabilité économique pour les agriculteurs, les coopératives et les industriels agroalimentaires. Aujourd’hui, les outils de couverture concernent principalement les matières premières cotées comme le blé, le maïs ou le soja. 

« Nous avons conçu Quideos pour répondre à un problème très concret rencontré par les acteurs agricoles au quotidien : l’impossibilité de se protéger contre des variations de prix de plus en plus brutales. Cette levée de fonds nous donne les moyens de transformer cette innovation en un outil opérationnel à grande échelle », explique Mikaël Delmas, CEO et cofondateur de Quideos. Selon la startup, plus de 80 % des produits agricoles non listés en Bourse, comme les fruits, légumes, viande ou encore poisson, ne disposent aujourd'hui d’aucun mécanisme de protection face à ces fluctuations.  

Pas de spéculation

Ses outils s’adressent aux acteurs agricoles qui souhaitent sécuriser leurs marges. Pour y accéder, les clients doivent prouver qu’ils achètent ou vendent réellement les produits concernés. Il ne s’agit donc pas de spéculation, mais bien d’un accompagnement d’activités économiques concrètes.

Les clients paient une prime, dont le montant dépend de la quantité de produits couverts, de la durée de la protection et du prix souhaité. Si les prix du marché évoluent à la hausse, la prime représente simplement le coût fixé de cette protection. En cas de baisse du marché, une compensation financière est versée aux clients.

Quideos se rémunère ainsi sur ces primes. Les contrats sont construits à partir d’indices de prix basés sur des données publiques et privées, issues notamment de l’Insee, de FranceAgriMer, de la Commission européenne ou encore du Marché du porc français.

Un cadre réglementaire long à obtenir 

Quideos a dû attendre plus de 18 mois pour obtenir un agrément d’entreprise d’investissement de classe 2. Cette autorisation, délivrée par l’Autorité de contrôle prudentiel et de résolution (ACPR) sous le contrôle de l’Autorité des marchés financiers (AMF), était indispensable pour lancer commercialement ses solutions dans un cadre réglementé et sécurisé. 

En 2024, Quideos avait déjà levé 1 million d'euros pour structurer l’entreprise, développer les outils de calcul des primes et concevoir les premiers contrats de couverture.  Fin 2025, l'annonce d'une levée de fonds de 5,2 millions d’euros auprès de Demeter et Breega, Clint Capital et de business angels, se concrétise enfin, en ce début d'année 2026. Un tour de table notamment rejoint par le Crédit Agricole. 

Des ambitions de croissance en France et en Europe 

Avec cette nouvelle levée, Quideos entend accélérer le déploiement de sa solution sur le marché français. À horizon 2029, la fintech ambitionne de couvrir l’équivalent d’un milliard d’euros d’achats ou de ventes de produits agricoles. 

À plus long terme, l’entreprise prévoit d’étendre son activité à d’autres pays européens, en s’appuyant sur le passeport réglementaire associé à son agrément. La priorité reste toutefois une montée en charge progressive en France, avant d’envisager un déploiement à l’échelle européenne.