« Ce n’est ni une décision que j’ai prise, ni une décision à laquelle je m’attendais. » C’est par ces mots que Fanny Moizant, cofondatrice de Vestiaire Collective, a annoncé sur LinkedIn son départ de l’entreprise, mardi dernier. Une sortie contrainte pour celle qui avait lancé la plateforme en 2009, aux côtés de cinq autres entrepreneurs.
Seize ans plus tard, la page se tourne. Parmi les cofondateurs, seule Sophie Hersan occupe encore aujourd’hui un poste opérationnel au sein de la scale-up française, devenue l’un des acteurs mondiaux de la mode de luxe de seconde main.
Fanny Moizant explique ce départ par de « récents changements d’organisation ». Contactée par Maddyness, elle n’a pas souhaité faire davantage de commentaires, se disant toutefois « bouleversée par tous les messages de soutien reçus de la part de la grande communauté de Vestiaire Collective ».
Un changement de gouvernance récent
Ce départ intervient dans un contexte de recomposition de la gouvernance. En octobre dernier, Vestiaire Collective s’est doté d’un nouveau dirigeant. Bernard Osta, arrivé en 2021 comme directeur financier, a pris la tête de l’entreprise, succédant à Maximilian Bittner.
Dans un communiqué, Vestiaire Collective salue « la contribution exceptionnelle de Fanny Moizant, son leadership et son impact durable sur l’activité, la marque et la culture de l’entreprise ». La plateforme affirme désormais entrer « dans une nouvelle phase de son développement ».
Sous l’impulsion de son nouveau CEO, l’entreprise entend poursuivre sa croissance internationale, en particulier sur le marché américain, son premier marché, et en Asie-Pacifique. Elle mise également sur une feuille de route produit largement tournée vers l’intelligence artificielle, afin d’améliorer l’expérience de ses acheteurs et vendeurs.
Une trajectoire sous pression
Cette transition s’opère dans un environnement de plus en plus concurrentiel. Le marché de la seconde main, y compris dans le segment du luxe, s’intensifie, porté notamment par la montée en puissance de plateformes généralistes comme Vinted.
Depuis sa création, Vestiaire Collective a levé plus d’un demi-milliard d’euros. L’entreprise avait envisagé une introduction en Bourse en 2024, avant de revoir ses ambitions à la baisse dans un contexte économique dégradé. Valorisée 1,1 milliard d’euros en 2023, la plateforme n’est pas encore rentable et ne fait plus de l’IPO un objectif à court terme.
De son côté, Fanny Moizant affirme ne pas encore savoir quelle sera la suite de son parcours professionnel. Une chose est certaine : son départ marque la fin d’un cycle pour Vestiaire Collective, comme pour l’une des figures emblématiques de la seconde main et de la French Tech.