Créée en décembre 2017, EDF Pulse Ventures est l’activité de corporate venture capital (CVC) du groupe EDF. Une initiative qui s’inscrit dans une histoire industrielle marquée par l’innovation. « L’innovation est dans l’ADN d’EDF », rappelle Yann Coïc, directeur d’EDF Pulse Ventures.
La création d’EDF Pulse Ventures répondait à deux objectifs. D’une part, mieux structurer la relation avec les startups, dans un écosystème devenu plus mature, notamment sur les sujets digitaux. D’autre part, concentrer les initiatives d’innovation du Groupe au sein d’un même ensemble, aux côtés de la stratégie et de la R&D. « Le corporate venture capital permet de développer une nouvelle manière de collaborer avec des entreprises avec lesquelles le groupe EDF n’avait pas forcément l’habitude de travailler », explique Yann Coïc.
Rattachée à la direction de l’innovation, à proximité des équipes de la R&D, EDF Pulse Ventures se positionne comme un trait d’union. « La R&D regarde avant tout les technologies. Notre prisme complémentaire porte sur les business models et la capacité des startups à créer de la valeur opérationnelle pour le Groupe », avance Yann Coïc.
Une thèse d’investissement guidée par la décarbonation
Depuis l’origine, la thèse d’investissement est structurée autour d’un axe central : contribuer à la décarbonation grâce à l’électricité, afin d’atteindre les objectifs de réduction des émissions carbone. Les tout premiers investissements ont volontairement ciblé des activités périphériques, souvent digitales, à destination des clients finaux. « Il fallait que nous apprenions notre métier et que le Groupe comprenne l’avantage d’investir en direct », souligne Yann Coïc. Cette phase explique encore aujourd’hui la présence de certaines startups dans le portefeuille, comme Securkeys, positionnée sur la gestion des clés lors des déménagements, un moment important du parcours client d’un fournisseur d’énergie.
Au fil du temps, EDF Pulse Ventures a progressivement remonté la chaîne de valeur pour s’attaquer aux métiers cœur du Groupe, en particulier la production d’électricité décarbonée. « Aujourd’hui, nous intervenons directement sur le nucléaire, l’hydraulique et les nouvelles énergies renouvelables », précise Yann Coïc. Trois objectifs structurent ces investissements : améliorer la performance des différentes business units du Groupe, détecter des ruptures technologiques et accélérer le développement de solutions qui seraient trop longues à concevoir en interne.
EDF Pulse Ventures investit principalement en séries A et B, avec un ticket moyen d’environ 3 millions d’euros et la capacité d’intervenir en lead, posture peu commune pour un CVC.
Des synergies construites dès l’entrée au capital
Chez EDF Pulse Ventures, chaque investissement repose sur un rationnel de synergies précis avec une ou plusieurs business units du groupe EDF. Les thématiques sont définies en amont, en lien direct avec les besoins opérationnels du Groupe. « Nous investissons uniquement si les métiers sont prêts à travailler avec la start-up », insiste Yann Coïc. Cette collaboration peut aller jusqu’à la mise en place d’accords de coopération dès l’entrée au capital.
L’objectif est clair : « Ne pas vendre du rêve aux startups », tout en s’assurant que leur roadmap technologique est alignée avec les cas d’usage d’EDF. Cette logique peut déboucher dans un second temps sur des contrats commerciaux. L’investissement récent dans La Solive, spécialisée dans la formation aux métiers de la rénovation énergétique, illustre cette approche d’alignement opérationnel.
Priorités stratégiques à horizon 2026
À horizon 2026, EDF Pulse Ventures concentre son action autour de trois priorités. La première concerne l’électrification des usages, principalement dans les transports, le bâtiment et l’industrie. Le deuxième axe porte sur l’amélioration de la performance de la production décarbonée, avec un accent particulier sur le nucléaire. Enfin, EDF Pulse Ventures a décidé de réouvrir le champ de la santé et de la sécurité. En parallèle, l’équipe poursuit ses travaux sur des thématiques déjà adressées les années précédentes : biodiversité, gestion du risque climatique, flexibilité du système électrique, ou encore la edtech et la HRtech.
Géographiquement, EDF Pulse Ventures privilégie aujourd’hui l’Europe, avec un focus sur les zones où le groupe est implanté : France, Italie, Royaume-Uni et Benelux. L’Amérique du Nord reste observée, mais n’est plus prioritaire. Depuis fin 2024, six investissements ont été réalisés, dont quatre en France, illustrant la diversité des sujets adressés : traitement de l’eau, biodiversité, digitalisation des workflows industriels complexes, fabrication additive métallique, solaire terrestre, ou encore formation.
Après huit ans d’existence, la structure est entrée dans une phase de maturité. Le portefeuille compte aujourd’hui une vingtaine de participations, un format jugé optimal pour une équipe de six responsables d’investissement. Deux sorties ont été réalisées récemment, avec Ecoscan et Zenpark. En parallèle, l’activité d’investissement indirect a été rationalisée, passant de 21 fonds partenaires en 2017 à 14 aujourd’hui.