Après avoir fait ses armes en Europe, Faume met le cap sur les États-Unis. En effet, la plateforme spécialisée dans la seconde main annonce l’ouverture d’un bureau à New York pour rayonner sur le marché américain. Cette antenne sera basée dans un WeWork situé à deux pas de Times Square, à Manhattan. Cette annonce est faite en marge du salon Retail’s Big Show de la National Retail Federation (NRF) qui se déroule actuellement à New York.

Avec ce bureau new-yorkais, Faume entend accompagner les marques européennes sur le marché américain. Dans cette perspective, la société tricolore souhaite surtout épauler les marques du Vieux Continent qui réalisent déjà 10 à 30 % de leur chiffre d’affaires aux États-Unis. «Le marché américain de la mode de seconde main dépasse déjà 50 milliards de dollars et croît trois fois plus vite que le marché du neuf. Notre présence à New York nous permet d’accompagner nos clients européens sur ce marché stratégique, en leur garantissant une expérience premium et un contrôle total sur l’image, les données et les flux de revente», indique Aymeric Déchin, co-fondateur et CEO de Faume.

10 à 40 % de revenus en plus pour les marques outre-Atlantique

Pour monter en puissance outre-Atlantique, la société française va s’appuyer sur son partenaire historique Erren Recondition, acteur spécialisé dans le reconditionnement premium et la logistique fashion. Cette alliance devrait lui permettre d’opérer ses premiers programmes de seconde main à partir du deuxième trimestre 2026 avec plusieurs marques européennes, comme Lacoste et Sandro. «Nos programmes américains visent à générer entre 10 et 40 % de chiffre d’affaires additionnel pour chaque marque déployée», précise Aymeric Déchin.

A ce jour, Faume accompagne 45 marques, à l’image de Victoria Beckham, Maje, Ami Paris ou encore Isabel Marant, qui ont fait appel aux services de la jeune pousse pour se lancer sur le marché de la seconde main. Depuis son lancement, la société assure avoir permis la vente de plus de 390 000 pièces de mode premium de seconde main, dont plus de 40 % à l’international. Dans le cadre de son développement, elle a levé 8 millions d'euros l'an passé. Faume espère attirer 150 marques en quatre ans pour s’imposer comme un poids lourd de la mode de seconde main.

La seconde main en marque blanche

Fondée par Jocelyn Kerbourc’h, Lucas Patricot, Aymeric Déchin et Nicolas Viant en pleine pandémie de Covid-19, à l’été 2020, la jeune pousse tricolore a développé une plateforme pour permettre aux marques de mode et de luxe de se lancer sur le marché de la seconde main pour ne plus laisser le champ libre aux mastodontes du secteur comme Vinted. Faume met ainsi à disposition des marques un site e-commerce en marque blanche, personnalisable à travers lequel les clients peuvent renvoyer gratuitement leurs produits en ligne ou en boutique en échange d’un bon d’achat.

La société s’occupe ensuite de la remise en état de l’article, de sa mise en ligne et du merchandising du site de seconde main. Non seulement, cela permet aux marques de reprendre le contrôle sur un marché de la seconde main en plein expansion, mais aussi de développer une nouvelle ligne de revenus, tout en affinant sa connaissance des clients pour mieux les fidéliser. Tout ceci est guidé par un impératif, selon Faume : «Les marques internationales ne souhaitent plus multiplier des solutions locales, mais privilégient une approche globale de seconde main cohérente et entièrement maîtrisée.» Un changement de paradigme qui nourrit l’appétit de Faume en Europe et aux États-Unis.