Nouveau changement de propriétaire pour Treezor. Alors que la fintech tricolore célèbre sa première décennie d’existence, elle va basculer dans le giron de Shares, une application qui vise à démocratiser l’investissement auprès des particuliers. En effet, la société de Benjamin Chemla est entrée en négociations exclusives avec la Société Générale, qui souhaite céder cette filiale acquise en 2018. Les modalités financières de l’opération, qui est soumise aux autorisations réglementaires et à la signature des accords définitifs, n’ont pas été dévoilées.

C’est donc une nouvelle étape qui s’ouvre pour cette entreprise créée en 2014 par Grégoire Bourdin, Éric Lassus et Xavier Labouret. Positionnée sur le segment du Treezor est le leader français du Banking-as-a-Service (BaaS), la fintech a développé une plateforme basée sur des API pour permettre à des fintechs comme Lydia, Qonto ou encore Swile pour intégrer des fonctionnalités de paiement afin de proposer des services bancaires à leurs clients. Depuis sa création, Treezor assure avoir traité plus de 130 milliards d'euros de flux de transactions et émis plus de 8 millions de cartes en Europe.

Treezor débranché de SG moins de deux ans après Shine

Pour Shares, cette acquisition représente un levier supplémentaire pour étoffer sa plateforme. «En deux ans, Shares a connu une évolution majeure. Notre plateforme et nos solutions d’investissement sont aujourd’hui adoptées par un nombre croissant de leaders de l’épargne individuelle et collective, tels qu’Axa ou Eres. L’offre de Banking-as-a-Service de Treezor constitue un complément parfaitement aligné et stratégique, qui nous permettra de bâtir un leader européen des services financiers, d’investissement et de paiement», se réjouit Benjamin Chemla, co-fondateur de Shares.

Voir Société Générale se débarrasser de Treezor n’est pas très étonnant, dans la mesure où Slawomir Krupa, successeur de Frédéric Oudéa à la tête du groupe bancaire français depuis mai 2023, a engagé une revue des actifs stratégiques. En quête d’économies sur les coûts technologiques du groupe pour atteindre une meilleure rentabilité, il avait déjà décidé de se séparer en 2024 de la néobanque Shine, seulement quatre ans après l’acquisition de la fintech tricolore. La stratégie de croissance externe des cadors de la finance française semble désormais appartenir pour de bon au passé. Une aubaine pour les fintechs tricolores en quête de briques technologiques à moindres coûts pour se renforcer.