Phitrust annonce le closing final de Phitrust Partenaires Inclusion (PPI), son troisième véhicule VC patient entièrement dédié à l’investissement à impact social. Le fonds atteint 60 millions d’euros d’engagements, au-delà de son objectif cible de 50 millions d’euros, dont 20 millions apportés par le Fonds européen d’investissement (FEI). 

La levée, entamée au printemps 2023, s’est construite par étapes, avec un premier closing à 33 millions d’euros en septembre 2023, avant d’être finalisée début 2026. « La levée a été longue, mais nous avons rempli, voire dépasser nos objectifs », commente Stéphanie de Beaumont, directrice générale déléguée de Phitrust. Dès l’origine, l’objectif était double. « En plus de l’objectif cible, nous voulions lever au-delà de la France, auprès d’institutionnels et de family offices en Belgique, en Espagne et en Italie », explique-t-elle.

Une levée pensée entre institutionnels et investisseurs privés

Le closing réunit une base de LPs résolument européenne. Aux côtés du FEI figurent Mirova, Crédit Mutuel, Malakoff Humanis, MGEN, la Fondation Apprentis d’Auteuil, la filiale « Relaunch for the Future » de la SFPI (fonds souverain belge), le Fondo de Impacto Social géré par Cofides (Espagne), Ethias (Belgique), VP Capital (Pays-Bas) et GDA Impact, géré par la Fondazione Social Venture Giordano dell’Amore (Italie), ainsi que plusieurs family offices entrepreneuriaux européens.

Phitrust revendique un travail de fond. « L’investissement à impact social est moins connu que l’investissement à impact environnemental. Il demande donc plus de travail de sensibilisation pour faire connaître des entreprises qui mettent l’impact social au cœur de leur mission », observe Stéphanie de Beaumont. 

Les family offices embarqués présentent un profil bien identifié. « Les profils sont surtout des familles d’entrepreneurs qui investissent dans l’impact social, entre leur poche philanthropie et leur poche private equity », explique Stéphanie de Beaumont. « Ils sont aussi séduits par la possibilité que nous leur donnons de rejoindre notre comité d’investissement et, s’ils le souhaitent, d’accompagner une ou plusieurs entreprises de notre portefeuille », ajoute-t-elle.

En parallèle, Phitrust a structuré un véhicule dédié aux investisseurs privés qualifiés. « Nous avons la chance d’avoir Société Générale Private Banking comme banque partenaire, ainsi que plusieurs family offices et CGP avec lesquels nous travaillons », précise Stéphanie de Beaumont. L’objectif de ce véhicule, encore ouvert, est de lever entre 20 et 30 millions d’euros supplémentaires.

Capital humain, inclusion et accès aux essentiels

La thèse de Phitrust Partenaires Inclusion repose sur deux piliers. Le premier vise à permettre à chacun de trouver une place dans la société : insertion par l’emploi, inclusion des personnes en situation de handicap, formation, éducation, revalorisation des métiers de proximité, économie circulaire et insertion. Le second cible l’accès aux biens et services fondamentaux : alimentation durable, logement, lutte contre la précarité énergétique, inclusion financière, accompagnement social et santé.

« Les défis ne manquent pas : inégalités persistantes, ralentissement de l’ascenseur social, mutation rapide du travail sous l’effet de l’IA, crise du logement. La philanthropie est essentielle, mais elle ne suffit pas. L’investissement à impact social est un levier capable d’apporter des ressources pérennes et de permettre aux solutions qui fonctionnent de devenir autonomes et de changer d’échelle », insiste Stéphanie de Beaumont.

Les tickets d’investissement, compris entre 500 000 euros et 2 millions d’euros, ciblent des entreprises déjà structurées. À ce stade, 14 investissements ont été réalisés pour un montant total de 10,3 millions d’euros, avec une cible de 30 participations, dont 60 % en France et 40 % réparties entre la Belgique, l’Italie, l’Espagne et le Portugal. 

Avec ce closing, Phitrust assume une ligne claire. « L’objectif est d’accélérer le changement d’échelle de ces entreprises et de leur permettre de devenir autonomes, en France comme en Europe », conclut Stéphanie de Beaumont.