Les rachats s’enchaînent pour Doctrine. Bien décidée à tisser sa toile à travers l’Europe, la startup française, considérée comme le «Google du droit», vient de s’emparer de la startup espagnole Maite.ai, positionnée sur le même segment d’activité. Les modalités financières de l’opération n’ont pas été dévoilées, mais il s’agit de la plus grosse opération de l’histoire de Doctrine.
Fondée en 2024, la jeune pousse ibérique a d’ores et déjà séduit plus de 2 000 clients (avocats individuels, grands cabinets d’avocats, directions juridiques d’entreprises, administrations publiques…). Désormais dans le giron de Doctrine, elle va conserver sa marque, son siège en Espagne et l’ensemble de son équipe actuelle. Avec ce rachat, l’entreprise tricolore débarque sur un nouveau marché pour étendre son maillage du Vieux Continent. «L’Espagne est un marché qui nous a toujours intéressé. C’est le troisième marché européen en termes d’avocats», souligne Guillaume Carrère, CEO de Doctrine. Doctrine revendique désormais 27 000 clients (avocats, juristes…) dans cinq pays (France, Italie, Allemagne, Luxembourg et donc Espagne).
5e acquisition en 3 ans
Depuis son rachat il y a trois ans par le fonds d’investissement américain Summit Partners, Doctrine mise sur la croissance externe pour s’imposer comme le champion européenne de l’IA juridique. Ainsi, la société tricolore a bouclé sa cinquième acquisition en trois ans avec Maite.ai. Auparavant, Doctrine avait racheté Legaltile, Jobexit, Dejure et plus récemment Predictice, son principal concurrent dans l’Hexagone. «L’IA est une bataille mondiale, donc il faut aller vite. Sur le marché de l’IA juridique, ça évolue très vite et il est donc clair que l’Europe a besoin d’un leader souverain. Et nous aspirons à incarner ce leadership en Europe continentale», indique Guillaume Carrère.
Avec ses différents acquisitions dans plusieurs pays, Doctrine est ainsi en mesure de s’adapter aux spécificités locales des professionnels du droit. «Notre secret sauce, c’est d’organiser l’information juridique locale dans chaque pays. Autrement dit, on a verticalise l’IA sur le droit local. S’ancrer dans le local, c’est créer de la valeur ajoutée», estime le patron de Doctrine. «Avec le rachat de Maite.ai, on adresse désormais un marché total d’un million de professionnels du droit. Avec la France, l’Italie, l’Allemagne et l’Espagne, on couvre désormais les quatre plus gros pays européens. Nous avons un marché suffisamment profond pour avancer», ajoute-t-il.
Très actif sur le front des acquisitions depuis trois ans, Doctrine va-t-il continuer dans cette dynamique ? «Ce n’est pas une priorité stratégique. Je ne dis pas qu’il n’y aura pas d’autres opérations dans d’autres pays. Il y a des pays intéressants au nord et à l’est de l’Europe. Mais pour l’instant, l’objectif est de consolider ce qu’on a», assure Guillaume Carrère. Cela passe notamment par des partenariats dans les pays opère la société française, comme celui récemment noué avec le barreau de Venise pour se renforcer en Italie.