Entre la tech et l’industrie, c’est : «Je t’aime, moi non plus !» Pour réconcilier ces deux univers, pourtant complémentaires et plus encore à l’ère de l’intelligence artificielle, Renan Devillières tente d’apporter une réponse avec OSS Ventures, un venture studio spécialisé dans la création de logiciels industriels B2B.

En ce début d’année, la structure, qui combine donc un startup studio et un fonds d’investissement, annonce un premier closing de 40 millions d’euros pour son nouveau véhicule d’investissement, avec une taille cible de 75 millions d’euros. Pour monter ce fonds, OSS Ventures a pu compter sur soutien de Decathlon Pulse, la branche du distributeur sportif lancée à l’été 2024 pour investir dans les startups du sport et du bien-être, et Teknor Apex. Les investisseurs historiques, dont le groupe Peugeot Frères et Tikehau Capital, ont également remis au pot à cette occasion.

Ce nouveau fonds sera exclusivement dédié au financement en follow-on des entreprises créées par la partie studio d’OSS Ventures. Et ce dans l’optique de leur donner l’impulsion nécessaire pour passer la vitesse supérieure dans leur industrialisation et leur déploiement international en Europe et aux États-Unis.

22 startups qui équipent 3 600 sites industriels

Depuis sa création en 2019, le venture studio tricolore a lancé une trentaine de startups spécialisées dans les logiciels industriels B2B, dont 22 sont toujours en activité aujourd’hui. Parmi elles, on retrouve notamment Fabriq, une plateforme collaborative de pilotage de la performance industrielle qui a levé 25 millions d’euros l’an passé, et Kraaft, une solution de coordination des opérations terrain pour projets industriels complexes qui a bouclé un tour de table de 13 millions d’euros en 2025.

Avec ce vivier de jeunes pousses, OSS Ventures a ainsi contribué au développement de solutions qui équipent désormais 3 600 industriels des deux côtés de l’Atlantique. Aux États-Unis, la structure dispose d’ailleurs d’un bureau à Boston. Mais rien qu’en France, le chantier à mener est colossal. Et pour cause, l’industrie pèse pour 25 % du PIB, mais les fermetures de sites industriels s’enchaînent, y compris pour ceux nés avec la French Tech. L’échec cuisant d’Ÿnsect en est d’ailleurs la parfaite illustration. D’ailleurs, moins d’1 % des startups tricolores adressent aujourd’hui la problématique industrielle.

«Nous ne finançons pas des idées hors sol»

Devant ce bilan famélique, Renan Devillières tente donc de faire naître une dynamique autour du logiciel industriel avec OSS Ventures. «Nous ne finançons pas des idées hors sol. Nous construisons des entreprises au cœur des usines, au contact des opérateurs, des managers et des contraintes industrielles réelles. Puis nous les finançons pour leur permettre de s’imposer à grande échelle. Chez OSS Ventures, nos bureaux sont dans les ateliers, et nos réunions se tiennent en chaussures de sécurité», explique-t-il.

A l’heure où le plan France 2030, qui ambitionnait notamment de réindustrialiser la France, a du plomb dans l’aile en pleine crise budgétaire, l’apport du venture studio avec ce nouveau fonds de 75 millions d’euros est donc bienvenu. Peut-être que des entrepreneurs seront inspirés par ce modèle original pour faire grossir la meute de startups industrielles dans l’Hexagone ?