Cap sur les États-Unis pour Verley ! Pour prendre son envol outre Atlantique, la société, qui propose une alternative au lait traditionnel avec ses protéines produites par fermentation de précision, annonce avoir bouclé une série A de 32 millions d’euros menée par Alven.

A cette occasion, Blast et Bpifrance entrent au capital de l’entreprise, tandis que les investisseurs historiques, à savoir Sofinnova, Sparkfood, Captech et Founders Future (fonds de Marc Menasé, actionnaire de Maddyness, ndlr), ont également remis au pot. La dernière levée de fonds de Verley, d’un montant de 15 millions d’euros, remontait à octobre 2023.

Des protéines de lait produites sans animal

Fondée en 2021 par Hélène Briand et Stéphane Mac Millan, ancien patron de Foodora France, la startup lyonnaise, qui s’appelait Bon Vivant au départ, s’attèle à proposer du lait avec un goût similaire à celui produit avec les vaches, mais en retirant l’animal de l’équation. Pour ce faire, elle mise sur la fermentation de précision pour produire des protéines de lait.

Jusque-là, ce procédé était surtout utilisé pour faire de la bière ou créer des protéines pour l’industrie pharmaceutique comme l’insuline. La société française l’a donc transposé à l’agriculture pour une production de lait plus respectueuse de l’environnement. Elle assure que son approche permet d’aboutir à une réduction de 97 % des émissions de gaz à effet de serre dans le processus de production, à une économie de 99 % de la consommation d’eau potable et à une baisse de 50 % de la consommation d’énergie.

Avec son approche, Verley souhaite ainsi apporter une solution pour l’alimentation mondiale alors que la demande pour le lait et les produits laitiers ne cesse d’augmenter. Dans ce contexte, le marché des protéines est en plein essor, au point d’avoir franchi en 2025 la barre des 30 milliards de dollars. «La mission de Verley est de répondre à la demande mondiale croissante en produits nutritionnels de haute qualité tout en préservant les ressources naturelles de la planète. Verley est désormais prêt à aider à alléger la pression qui pèse sur l’industrie laitière», assure Stéphane Mac Millan, co-fondateur et CEO de Verley.

Feu vert de la FDA aux États-Unis

La société ayant le vent dans le dos, elle veut donc accélérer son développement outre-Atlantique. A l’automne 2025, elle a franchi une étape décisive pour déployer ses activités aux États-Unis, en devenant la première société au monde à recevoir une «No Questions Letter» de la Food and Drug Administration (FDA) américaine pour des protéines laitières fonctionnalisées produites par fermentation de précision. Une avancée majeure sur le plan réglementaire qui a confirmé la sécurité et la conformité de ses ingrédients alimentaires pour ouvrir la voie à une commercialisation sur le marché américain cette année. Sans doute l'entreprise tricolore a-t-elle été inspirée aux États-Unis par la startup californienne Perfect Day, qui se targuait en 2020 d'avoir mis au point la première protéine fermentée par précision au monde.

Verley entend donc s’appuyer sur sa série A pour prendre son envol aux États-Unis, mais aussi augmenter ses capacités de production et investir dans sa R&D. A l’international, la société souhaite aussi monter en puissance en Europe et au Moyen-Orient. «Ce financement nous permet de changer d’échelle, non seulement en matière de production, mais aussi sur la promesse de performance de nos ingrédients», indique Hélène Briand, co-fondatrice et directrice commerciale de l’innovation de Verley.