Avec 23 licornes réelles, la French Tech est loin des plus de 35 revendiquées de l’écosystème tricolore. Si certaines licornes ont vu leur valorisation faiblir, sans pour autant passer sous la barre symbolique du milliard de dollars de valorisation, d’autres ont subi une chute spectaculaire et ne sont donc plus des licornes par définition.
Évidemment, les levées de fonds et les valorisations ne sont pas les juges de paix en matière de réussite dans la tech. Mais ces reculs actent la fin d’une époque que l’on pressentait ces dernières années. Exit l’argent à profusion, place à un développement plus rationnel et cohérent face à un contexte économique et géopolitique particulièrement incertain.
La méthodologie de l'étude
Dans l’étude réalisée par Julien Petit, fondateur du cabinet de conseil Mighty Nine, et publiée par Maddyness, il apparaît que 6 licornes françaises ne sont plus les animaux fantastiques qu’ils prétendaient être autrefois, quand les investisseurs avaient placé de grandes ambitions d’exit à terme. Si on prend en compte les licornes françaises qui sont parties s’exiler aux États-Unis, comme Jellysmack, on monte même à 10 licornes déchues, soit 27 % de licornes perdues pour la French Tech. Mais on va se concentrer sur les 6 qui sont basées dans l’Hexagone, soit 21 % du contingent et 8,6 milliards de valorisation cumulée envolés au total.
Pour rappel, pour construire son étude, Julien Petit s'est basé sur les données de Dealroom. Il s’est entité attelé à éplucher les informations financières des licornes européennes, notamment en disséquant les procès verbaux des assemblées générales de ces entreprises, afin d’établir des tables de capitalisation.
A force de discussions avec des investisseurs français et européens, Julien Petit a peaufiné sa méthodologie jusqu’à aboutir à un framework cohérent avec la situation actuelle des licornes françaises et européennes. Sa grille d’analyse se base sur 9 points clés : l’échelle de développement (siège social, empreinte géographie, base de clients…), les revenus et la croissance, la rentabilité, l’évolution des effectifs (licenciements, recrutements…), les financements (dernier tour de table, investisseurs majeures, valorisation…), la stabilité de l’état-major (mouvements C-Level de l’entreprise, présence ou non des fondateurs…), positionnement autour de l’IA…), compétitivité (situation face aux concurrents, évolution face au marché…) et les signaux faibles (pivots, restructuration, acquisitions…).
Sorare enregistre le plus gros recul
Ppour certaines entreprises comme Sorare et PayFit, les voir abandonner leur statut de licorne n’est pas une grosse surprise. Confrontées à un marché plus rude, elles ont réduit leurs effectifs et revu leur copie pour adopter une stratégie de croissance plus en phase avec la réalité du moment. La valorisation de Sorare, qui a lancé un PSE pour supprimer une trentaine de postes, s’est ainsi effondrée de 94 %, à 240 millions d’euros. En revanche, le coup est rude et un peu plus inattendu concernant Sumeria, la néobanque lancée par Lydia.
En exclusivité, Maddyness vous propose de découvrir ces 6 licornes tricolores déchues et l’évolution de leur valorisation par rapport à leur dernier tour de table (de la chute la plus forte à la plus faible) :
- Sorare : baisse de 94 %, à 240 millions d’euros (contre 3,9 milliards lors du dernier tour de table)
- ManoMano : baisse de 78 %, à 480 millions d’euros (contre 2,2 milliards lors du dernier tour de table)
- Sumeria : baisse de 76 %, à 240 millions d’euros (contre 1 milliard lors du dernier tour de table)
- PayFit : baisse de 65 %, à 625 millions d’euros (contre 1,8 milliard lors du dernier tour de table)
- Spendesk : baisse de 64 %, à 360 millions d’euros (contre 1 milliard lors du dernier tour de table)
- Vestiaire Collective : baisse de 43 %, à 880 millions d’euros (contre 1,5 milliard lors du dernier tour de table)